Le MIMA est le nouveau musée d’art (vraiment) contemporain de Bruxelles. Musée d’art iconoclaste de ce millénaire (Millennium Iconoclast Museum of Art), il officialise l’institutionnalisation du Street Art.

Nous étions au MIMA à la fin du salon des blogueurs de voyage. Petits plats dans les grands, ou plutôt des carrés de pizzas (par des pizzaiolos italiens) à n’en plus finir, bière qui coule à flot (mais pas trop car tous les blogueurs étaient pressés de découvrir les œuvres) : le MIMA nous propose de découvrir le musée  en exclusivité ! Bon, pour être franc, on nous demande quand même de ne pas diffuser les photos avant le jour de la conférence de presse prévue la semaine suivante…

Le concept du musée d’art contemporain MIMA

Le street art n’est plus un art marginal

Ce nouveau musée d’art contemporain se veut iconoclaste, sorti des carcans des conventions : toutes les œuvres ont été réalisées de l’année 2000 à nos jours, bon nombre d’artistes sont issus du street art (« mais tous nos artistes ne sont pas issus du street art même si certains en reprennent les codes » me précise-t-on). On retrouve beaucoup d’œuvres qui interrogent l’âme, qui nous poussent à réfléchir sur la société (occidentale) contemporaine. Une partie du musée est temporaire, l’autre permanente (évidemment) mais il se peut que parmi la permanente, il y ait un roulement des oeuvres : certaines ne sont pas encore exposée et le musée en acquerra sans doute de nouvelles avec le temps.

Je voulais savoir pourquoi on mettait l’art de rue, tels les graffitis et les fresques murales… à l’intérieur d’un musée. De ce que j’ai compris, le musée part du constat que le street art n’est plus un art marginal et que le montrer dans un musée permet d’institutionnaliser ce fait.

Je ne peux pas lui donner tort : combien sommes-nous à délaisser les activités super touristiques pour nous perdre dans les rues et nous arrêter sur les œuvres de graffeurs locaux ou internationaux quand on voyage ?

Le MIMA, inséré dans le tissu urbain bruxellois en voie de revitalisation

Le musée est situé dans une zone bien particulière de Bruxelles : le long du canal à Moolenbeek, entre la gare du Midi et Tour & Taxi…

Le Mima, entre tour et taxi et la gare du midi, le lon du canal de la Senne

Alors pour ceux qui ne connaissent pas ou peu Bruxelles : le quartier était habité puis délaissé par des industries qui avaient besoin du canal et de son eau pour travailler. Quand vous arrivez en bus depuis l’Allemagne, vous passez devant une grande déchèterie ; la poste (Tour & Taxi) est partie, tout comme la brasserie Bellevue. La seule attraction de l’année est Bruxelles-Les-Bains le long du canal et, occasionnellement, la Fête des Lumières.

Depuis une grosse dizaine d’années, la région bruxelloise a décidé de revitaliser le quartier et les investisseurs privés construisent de nouveaux quartiers mixtes (logements, entreprises de biens et services, écoles, etc.). Le musée, avec deux hôtels (une auberge de jeunesse et un hôtel), a investi d’anciens locaux de la brasserie Belle-Vue, dont on peut encore voir l’enseigne quand on est sur la terrasse.

Le MIMA est dans les anciennes installations de la brasserie bellevue

Le cuisinier avec qui je discute (un italien qui a engagé deux pizzaiolos italiens) m’a expliqué qu’ils voulaient organiser des événements et s’investir dans la vie du quartier (on verra bien ce que cela donnera 🙂 ). En attendant, les pizzas sont bonnes (approuvé par Julie !). Les bières ? De ce que j’ai remarqué, il n’y a que les grandes marques industrielles… j’aurais aimé voir des bières de brasseries artisanales de Bruxelles et ses environs dans un musée iconoclaste.

Trêve de bavardage, commençons la visite !

Partie d'une oeuvre de Faile - Photo : Michel Dvorak Du Monde au Tournant

La visite du MIMA

Des expositions éphémères impressionnantes…

Nous nous engouffrons dans la première pièce du musée et face à nous, une œuvre qui donne le ton de l’exposition temporaire : si sa silhouette rappelle un temple et le cylindre du milieu, des moulins tibétains, le reste n’est que modernité « pop ».

Le but de l’exposition temporaire me semble clair : nous interpeler, nous intriguer, nous proposer de réfléchir en prenant du plaisir. Je ne sais pas où regarder ; cette oeuvre du duo américain Faile qui fut exposée à Times Square, me donne l’impression d’être face à un tableau Pinterest.

Nous sommes captivés et j’imagine que notre guide luxembourgeoise ne se doutait pas des conséquences de sa suggestion à une vingtaine de blogueurs :

« vous pouvez toucher l’œuvre »

Trois espaces sont consacrées à l’exposition temporaire. La seconde pièce est plus sobre, reposante. L’artiste MOMO a peint des lignes à main levée et joue sur les couleurs. Cela m’évoque l’art nordique en jouant essentiellement sur les matières (le papier peint, le bois) et des couleurs pas trop saturées.

De la sobriété à la densité de l’excès : la troisième pièce m’évoque un ancien squat bruxellois (le 123).

Nous y passerons un bon moment : nous étions tous intrigués, estomaqués, amusés, admiratifs devant le travail impressionnant et éphémère. Par contre, remettre la pièce dans un état neutre pour l’artiste suivant ne sera pas de la tarte !

On sent beaucoup de fraîcheur et d’énergie dans le choix posé par la direction : dans un même thème, City Lights (lumières de ville), ils réussissent à réunir trois artistes qui offrent des coups de projecteur sur la ville complètement différents. Nous étions pressés par le temps mais je pense qu’en journée, j’aurais pu me perdre longtemps !

… aux expositions permanentes plus traditionnelles

Nous passons ensuite à l’exposition permanente. La guide nous explique certains points sur des oeuvres et leurs auteurs mais mon esprit est encore derrière. Le tableau de grenouille (précision de Julie : c’est Kermit le muppet, hihi) faite au drone (oui oui!) m’amuse beaucoup, tout comme la photographie « Trepassers will be forgiven » (ceux qui passent la barrière seront pardonnés). On revient à une réalité plus crue avec les oeuvres de l’Espagnol Escif qui nous interrogent sur les conséquences de nos choix de consommation.

Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus sur le reste de la visite ; j’avais déjà beaucoup trop en tête et trop peu de temps, je voulais prendre des photos et je m’éloignais de la guide. J’ai vu encore quelques œuvres intéressantes, d’autres que je ne comprenais pas trop mais on sent un travail derrière, un intérêt possible (alors que dans certaines expos, j’ai plus de mal comme par exemple, avec l’exposition de pissotières).

Au dernier étage, j’ai apprécié deux éléments qui n’ont rien à voir avec les oeuvres : une vitre carrée qui permet de voir l’étage du bas (un petit côté voyeuriste sans doute) et les deux terrasses qui permettent de respirer, prendre l’air, se rafraîchir le cerveau tout en regardant le canal, l’ancienne brasserie, l’urbanisme…

vu du Canal depuis le mima - du monde au tournant

La cave : quand un artiste bouleverse les plans du musée

L’exposition aurait dû être finie mais… on nous propose d’aller à la cave… choix curieux quand on connaît l’histoire judiciaire de notre pays (les Belges font des blagues politiquement incorrectes, humour belge oblige).

L’artiste Swoon a vu la cave et a aimé cet espace : elle a donc décidé d’exposer une partie de son travail pour l’exposition temporaire… à la cave… qui n’était pas prévu comme un espace d’exposition ! Elle a recouvert des murs d’imprimés ou de papier qu’elle a ensuite déchiqueté. Superbe et intriguant.

Accessibilité du MIMA et infos pratiques

Le MIMA est-il accessible aux personnes avec un handicap physique ?

Le musée est relativement accessible aux personnes en chaise roulante :

  • un ascenseur et un élévateur permettent d’accéder à toutes les salles du musée, hormis à la cave (où l’artiste Swoon a décidé de faire une partie de son exposition temporaire mais cette salle n’était pas prévue pour les expositions);
  • les deux terrasses n’étaient pas accessibles mais des rampes ont été commandées, le personnel est plutôt proactif (un technicien avait pris des photos de la passerelle portable de Blandine);
  • des toilettes prévues pour les personnes avec un handicap.

Par contre, s’il y a une entrée sans marche (super !), la porte n’a pas de système de bouton qui permet une ouverture automatisée ; il faut donc avoir l’aide de quelqu’un pour entrer dans le bâtiment si la porte est fermée (en hiver par exemple).

Audrey, qui tient le blog roulettes-et-sac-a-dos.com, trouvait que l’accessibilité générale était bonne, bien qu’elle n’ait pas vu les toilettes. Petit bémol, elle trouve dommage qu’il faille passer par la porte de côté qui est accessible. Il y a aussi une pente longue pour passer de l’espace restauration (l’entrée) au musée.

Blandine de 1000decouvertes4roulettes.com a trouvé que le musée était « plutôt bien accessible » et que pour les WC, « j’ai vu pire mais c’est quand même pas génial » ; si la toilette est suffisamment spacieuse Blandine a relevé certains problèmes comme la hauteur du savon (mais j’imagine que ça sera réglé prochainement) et surtout l’impossibilité de faire les « transferts de face » car l’évier est trop prêt de la toilette.

(clique sur les photos pour agrandir)

Infos pratiques : heures d’ouverture, tarifs, coordonnées

(information au 13 avril 2016 – aller sur le site officiel du MIMA pour plus d’information)

Tarifs
général : 9,50€
Prix réduit : 7,50€
(adolescents, séniors, étudiants, personnes avec handicap)
les -12ans : gratuit
Ouverture
Du mercredi au dimanche
musée: de 10h à 18h
le restaurant a des horaires d’ouverture plus large
Coordonnées
+32 472 61 03 51
info@mimamuseum.eu
il y a des guides indépendants : info@arkadia.be

Pour continuer la lecture : L’article de Mel Loves Travel pour BXL.Blog : Le MIMA ouvre ses portes à BruxellesLe MIMA à Bruxelles, un musée dédié aux arts urbains de Birds and Bicycles; Le MIMA, au coeur des anciennes Brasseries Bellevue de Vio’Vadrouille; Découverte du MIMA, le nouveau musée d’art contemporain à Bruxelles ! de 1000 découvertes sur 4 roulettes; l’article de Novo-Monde sur leur séjour à Bruxelles et le coup de coeur pour le MIMA; le retour d’Emma de Planet Addict sur Bruxelles, la BD et le Street Art; les photographies de Cathy Marion : MIMA, la nouvelle galerie d’Art en Vogue; Le MIMA : Ode à l’iconoclasme et à la culture 2.0 d’Hema pose ses valises; et enfin, je ne résiste pas à vous partager le très bel hommage des Blog Trotteuses à Bruxelles, ma douce rebelle.

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Le musée MIMA, quai du Hainaut à Bruxelles

  • Sophie Barloy

    J’ai vraiment adoré la visite du MIMA alors que je ne suis pas branchée « Art ». L’oeuvre de Faile m’a fait penser exactement à la même chose : un tableau Pinterest, avec pleins de détails partout, une influence de la pop-culture et des comics… Et pour les œuvres de Swoon, sans doute mes préférées, d’une réalité très touchante..

    • Oui, on pourrait certainement passer des heures devant l’oeuvre de Faile tellement il y a de détails. Il y a des images que je n’ai finalement bien remarquées qu’en traitant les photos.

  • Il a l’air plutôt étonnant ce musée…

    • Il l’est. Tu pourras y prévoir une visite lorsque tu feras un tour à Bruxelles 😉

  • Ah je n’ai pas encore fait mon article mais j’avais vrt beaucoup aimé toute la cave !

  • Pingback: Bruxelles, impossible à (d)écrire - Rita s'en va()

  • L’expo city light, je n’aurai pas le temps de la voir avant sa fin, j’aurai trop aimé, elle a l’air top !

    • Julie

      Je viens de lire qu’elle est prolongée jusqu’au 31 décembre. Tu auras peut-être de la chance 😉