Couchsurfing n’a pas que des bons côtés. Le réseau de voyageurs présent partout dans le monde présente bien des défauts : un petit poucet qui fut acclamé puis décrié par ses membres qui se sont sentis trahis alors qu’ils s’étaient investis.

Les changements radicaux opérés par cette société à but lucratif (depuis 2011) font que le réseau d’hospitalité est devenu un free hostel pour de nombreux nouveaux adhérents.

1. Couchsurfing, un nid d’obsédés ?

On me demande souvent si couchsurfing est « safe » pour une femme. J’entends aussi de plus en plus des récits de femmes qui ont connu une expérience désagréable avec un mec insistant, « tu peux dormir dans mon lit » par exemple.

Couchsurfing, à la base, c’était la liberté, pas de règle définie : il y a une communauté de nudistes (ce qui ne veut pas dire qu’il y a une arrière pensée secuelle, c’est une manière de vivre), il y a des hôtes qui disent clairement sur leur profil qu’ils sont ouverts aux casual sex, il y a des communautés religieuses, etc.

Tout ça ne me dérange pas. Par contre, un hôte devrait se comporter décemment : la personne accueillie est en situation de fragilité, elle compte sur vous pour avoir un toit pour une ou plusieurs nuits et il ne faut pas en tirer avantage.

J’entends aussi des histoires de jeunes couchsurfeurs et couchsurfeuses qui cherchent des profils en fonction de leur attraction physique ; je ne serais que trop le déconseiller.

Ce qui me dérange davantage, c’est que Couchsurfing, depuis qu’il est devenu une société commercial ?, met en avant la voyage « genrée », alors qu’avant, on parlait d’échanges culturels

Women travelers may prefer to book with female hosts, and vice versa.
Source: www.couchsurfing.com/about/tips/

le mieux est de mettre les choses au clair avec l’hôtel/l’invité sur ce qui est proposé comme canapé, décrire le « canapé » dans la partie « my home », comme ça il n’y a pas d’ambiguïté.

2. Sur couchsurfing, certains nous prennent pour des ‘Free hostel’

Voici le genre de message que je reçois souvent :

couchsurfing

« Désolé, j’ai déjà une soirée de nouvel an de prévu. Merci d’avoir demandé 🙂 »

couchsurfing

– « Donc, ta première raison de venir chez moi, c’est parce que les logements coûtent cher. Tu viens une nuit, tu ne parles même pas de faire quelque chose ensemble mais juste de venir te « crasher » chez moi avec tes deux potes. »

Franchement, comment peuvent-ils penser que ça m’intéresse ? Il suffit de lire mon profil pourtant… Une fille qui cherchait pour elle et son amie m’ont même répondu :

« Ben oui on spamme mais après on choisit chez qui on veut aller en fonction des réponses positives ».

Un auto-stoppeur ou une personne qui fait du vélo, ou encore quelqu’un qui transit par Bruxelles avant un long voyage dans un autre pays, je veux bien l’accueillir chez moi car c’est un voyageur…

… Mais des gens qui décident de venir en groupe autour des fêtes de fin d’années et qui veulent faire la fête et ne pas payer l’hôtel et que je ne verrai que 15 minutes (mais qui vont modifier toute l’organisation de ma colocation avec les douches, etc.), je ne suis vraiment pas intéressé… surtout quand ce sont des messages copiés-collés.

Bien évidemment, profil quasiment vide, pas de référencement, la partie « my home ».

3. Ils ne lisent pas les profils couchsurfing et spamment la communauté

couchsurfing - points négatifs

« Coucou Sylvie, mon nom n’est pas Stéphane… non, je n’accueille pas les messages copiés-collés 😉 »

Profils vides, parfois beaucoup d’amis mais pas ou peu de référence, ils sont adeptes des rencontres couchsurfing pour les plus expérimentés (d’où le nombre d’amis). J’ai même des gens qui m’envoient un message et qui me demandent en ami… ce n’est pas facebook les gars !

Le fait de pouvoir se connecter via les réseaux sociaux, tel facebook, fait que les gens, une fois inscrits, ne prennent plus la peine de remplir leur profil convenablement : ils veulent tout, tout de suite. Et ne pensent pas qu’avec un profil vide, les chances de se faire accueillir par un hôte expérimenté est proche de nul. Il n’y a plus d’ambassadeurs pour guider les nouveaux arrivants.

4. ils utilisent couchsurfing à des fins commerciales

Je l’ai vu dans quelques pays touristiques où le niveau de vie est bas, comme ceux du Maghreb et d’Asie du Sud Est par exemple.

Il est clairement marqué que le gars est un guide touristique professionnel et que si ça te  dit, il vous guidera dans des endroits superbes, etc. ; certains vont jusqu’à dire qu’ils ne peuvent pas accueillir mais peuvent être guide.

Dans d’autres pays, ils font la promotion de leur site commercial de vente pyramidale… Ils utilisent la plate-forme uniquement comme vitrine de leur business.

5. Ils sont sur le site depuis des années mais n’ont pas confiance dans les gens

J’ai essayé la partie « hang out » de l’application couchsurfing, à Berlin et à Bruxelles. D’une part, j’étais très mal à l’aise car j’avais l’impression qu’il y a avait une proportion énorme d’homme (dont je fais partie et donc je contribue à faire pencher la balance en y étant).

Ce qui m’a frappé en rencontrant trois personnes c’est que :

  • elles sont sur le site depuis des années ;
  • elles n’ont quasiment pas de référence ;
  • elles n’hébergent jamais et ne demandent jamais à être hébergé.

Ces personnes utilisent l’application uniquement pour avoir de la compagnie pour un repas ou pour visiter une ville une après-midi. En discutant avec elles, elles m’ont dit qu’elles ne se sentaient pas à l’aise avec l’idée d’aller dormir chez quelqu’un ou d’accueillir. Or, c’est l’essence même de couchsurfing !

6. Couchsurfing est devenu une société commerciale

Sur l’image ci-dessous, hormis le profil classique de la plupart des personnes qui m’envoient des demandes : peu de références et la partie « my home » qui est vide, on voit surtout l’évolution de couchsurfing vers une société à but lucratif. Loin de l’idée de départ du site : publicité et savoir un maximum de choses sur vous via une une proposition de vous « certifier ».

Couchsurfing met maintenant plein de publicité et demande des renseignements, qu'ils pourraient potentiellement revendre.

Couchsurfing met maintenant plein de publicité et demande des renseignements, qu’ils pourraient potentiellement revendre.

Avant Août 2011, Couchsurfing était une ONG américaine qui vivait des dons des membres. En 2011, c’est devenu une B-Corp (société américaine à but social). Des actions ont été émises pour deux des fondateurs et parmi le conseil d’administration figure l’un des premiers employés de facebook. De nombreux membres sont partis ou se sont désolidarisés de couchsurfing.

Vu que couchsurfing cherche maintenant à avoir un maximum de membres, il devient plus « trendy » alors que le but était de rendre service à des voyageurs et de partager de bons moments. On a donc des personnes expérimentées de l’hospitalité qui quittent le site et plein de gens qui trouvent un moyen gratuit de se loger qui arrivent : la qualité et la mentalité s’en trouvent transformer radicalement en quelques années.

7. Rechercher un hôte couchsurfeur peu prendre du temps

Surtout dans les grandes villes, trouver un hôte sur couchsurfing peut être mission impossible : les gens sont occupés, ont leur vie sociale, ont beaucoup de demandes par semaine (voire par jour – j’en ai entre 5 et 15 par semaine selon les périodes, si je me mets en « accepting guest »).

Il faut donc regarder beaucoup de profils, écrire des messages personnalisés : ça peut prendre du temps. Beaucoup de temps. Et parfois, au final, on n’a pas de réponse ou que des réponses négatives.

8. En tant qu’invité sur couchsurfing, la nécessité d’être sociable

Parfois, l’hôte veut bien vous accueillir mais être trop occupé pour passer du temps avec vous. En tant qu’invité, il serait par contre mal perçu de ne pas être sociable : que vous vous installiez, demandiez le code wifi et restiez dans votre coin.

Or, lorsqu’on voyage beaucoup, parfois, on veut juste avoir quelques heures de calme, faire une sieste et écrire un article. Dans ce cas, louer une chambre est plus approprié : vous n’avez aucune obligation morale et vous pouvez vous concentrer sur ce que vous avez envie de faire (regarder une série, faire un skype avec votre famille, etc.).

9. Parfois, l’hôte annule à la dernière minute ou ne répond plus

Cela ne m’est arrivé que très rarement (deux fois je pense en 10 ans) mais l’une fut mémorable !

Octobre 2014, je suis avec Julie, Constantin et une deuxième Julie au Chili. Derniers mois de notre tour du monde. Je décide de faire du couchsurfing avec eux : les deux Julie et moi avons habité ensemble donc on a accueilli des gens. Une Française installée dans une petite ville devait nous accueillir et puis, le jour même, plus de réponse alors qu’on est dans le parc de sa ville.

Au final, j’ai payé l’hôtel pour quatre personnes car je me sentais mal ;et l’hôte a prétexté le lendemain qu’elle avait laissé son téléphone au boulot (et essayer d’aller sur couchsurfing sur un ordinateur ?).

couchsurfing à sant-felipe au chili

Au moins, on avait de la compagnie en attendant notre couchsurfeur. Impossible de jouer aux cartes avec les chiens du Chili :p

Conclusion : couchsurfing, à éviter ?

Evidemment que non, j’ai d’ailleurs écrit un premier article de cette série sur les avantages du couchsurfing. Viendra aussi les alternatives à ce réseau et des conseils pour améliorer ces chances d’une bonne expérience couchsurfing.

Que ce soit en tant qu’hôte ou invité, il faut par contre bien remplir son profil et savoir pourquoi vous voulez faire partie de la communauté. Si c’est pour tirer votre coup ou uniquement pour une question d’argent, que l’hospitalité et l’échange humain ne sont pas plus importants à vos yeux, dépensez un peu d’argent.

Si je regarde globalement, plus de 90% de mes expériences étaient positives… mais j’écoute mon instinct et je fais attention à qui j’accueille et à qui je demande l’hospitalité 😉

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