On parcourt bien des routes. Parfois, il y a une rencontre au tournant :  Geneviève

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La présence d’un seul être nous permet parfois de peupler l’abstrait: Geneviève représente mon Québec. Suite à cette rencontre, j’ai voulu plaquer tout en Belgique pour continuer à vivre dans cette province majoritairement francophone, où je pensais avoir trouvé ma place.

Tout avait commencé sur un défi: “je viendrai te voir dans les 18 mois”, lancé à un ami de l’Outaouais qui repartait au pays après un échange étudiant difficile en Belgique (l’hiver en Belgique est très gris, comme on peut le ressentir dans “Le plat pays” de Jacques Brel). Deux mois plus tard, mon billet d’avion est acheté pour passer un mois au Québec. Je songe déjà à la fin de mon bachelier et à une année sabbatique avant d’entamer ma maîtrise.

une couchsurfeuse au milieu de nulle part

En recherchant des couchsurfeurs sur le chemin d’un  tour à vélo que je planifie, je tombe sur Geneviève et Eric. Je leur écris, parlant de leur coin de paradis. La réponse de Geneviève donnait le ton:

Geneviève et son enfant, sur un ferry“Je suis sûre que tu aimeras le Québec… On regardera ce que tu aimerais faire avec nous. Il y a une jolie montagne (713 m) sur laquelle on a une vue de la région magnifique. Si tu aimes, je t’y amènerai”.

D’avril à juin, nous avons passé de nombreuses heures à se conter nos coins de pays respectif, à planifier les activités pendant ma venue et plein d’anecdotes concernant les Cantons de l’Est. J’ai appris des québécismes, j’ai découvert la culture québécoise. Elle m’a montré qu’on pouvait être en robe d’été avec un petit gilet alors qu’il y a encore de la neige dans le jardin. Je suis tombé en amour avec les accents du Québec.

Geneviève écoute pousser les fleurs

Elle est venue me chercher à l’aéroport avec son fils et une étudiante allemande qui vivait chez elle: le soir, nous faisions le tour de nuit de Montréal à vélo, avec des milliers de personnes. Un moment, je me suis arrêté pour demander comment sortir du parcours (il était déjà 23h et le plus jeune de ses fils était fatigué). En me retournant, je les avais perdus : nous étions paniqués chacun pour l’autre : c’était ma première journée au Québec et j’avais six heures de décalage ; moi pour Geneviève car elle n’a pas le sens de l’orientation ; elle pourrait faire 30km de détour car elle a vu une fleur sur la route et qu’elle a manqué la sortie…

Petites emplettes à la pépinière

Geneviève vit à 100 à l’heure, s’en fout des “quand dira-t-on”. Dans sa petite ville de 2 000 habitants, elle organise un “oktober feest”  qui rassemble une 70-80aine de personnes,  de Montréal à Québec (des amis d’enfance qui sont pour certains chanteurs ou dessinateurs internationalement reconnus) qui viennent passer une nuit de folie et elle ressent un amour ardent pour son Québec. En même temps, elle rend la vie si facile pour les personnes autour d’elle, a la main sur le coeur et dépense son temps sans compter. Elle donne envie de te réveiller le matin car tu sais que ta journée sera remplie de rire.

Geneviève depuis notre dernière rencontre

Lorsque nous nous sommes rencontrés, elle était graphiste à son compte ; elle travaille actuellement pour une société de communication pour laquelle j’avais postulé (sans succès!) lors de mon année sabbatique : elle vient de sortir un jeu éducatif concernant l’hypersexualisation des jeunes ; étonnant d’entendre parler d’elle par hasard en regardant une émission sur youtube !

Geneviève est la Québécoise qui m’a donné envie d’aller vivre dans la région du “Centre du Québec”, où on est “au milieu de nulle part” selon les gens de Montréal et de Québec, et qui est pour moi est au centre de l’une de mes plus belles rencontres humanistes. Elle m’a donné le goût de vivre le Québec à fond.

Quelques photos de la rencontre

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Récit de notre rencontre vu par Geneviève

Vous pouvez télécharger le livre photo mis en page par Geneviève, grâce à son talent et son travail de graphiste.

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