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Les herbes hautes, jaunies, brulées, qui boivent les rayons d’un soleil déclinant. Les sommets rocailleux enneigés qui encerclent les langues de glacier. La route qui s’allonge, seule, à perte de vue. Et le vent, toujours.

Il faut être une montagne ou un roseau pour survivre en Islande. Le vent fouette inlassablement. Dans la voiture, je me bats pour tenir le volant et la route, pour ne pas dévier vers le bas côté.

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Nous sommes en mars 2010, entre 2 éruptions volcaniques, et, en pleine réflexion sur mon engagement dans un Service Volontaire Européen, je pars en Islande rejoindre Alex, un ami en stage à Reykjavik. Après quelques jours dans la capitale, nous nous embarquons pour un road-trip sur la Route 1, la seule qui fasse le tour de l’île et (presque) entièrement revêtue.

L’Islande, sauvage et pure, me fascinait. Elle ne m’a pas déçue. Des crevasses de Thingvellir aux iceberg de Jokulsarlon, jamais je n’avais vu paysages plus grandioses.

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Avec ses 300.000 habitants, dont plus de la moitié dans l’agglomération de Reykjavik, l’île est dépeuplée, rude et magnifique. Nous nous retrouvons à parcourir près de 100km pour manger une soupe de mouton dans la cafétéria d’un musée qui n’ouvre que pour nous. Les villages de 3 maisons ne comptent évidemment pas d’épicerie. Mais on y trouve toujours une piscine. Lorsque nous revenons d’une randonnée improvisée sur un cratère de volcan, empêtrés de neige jusqu’aux cuisses, quel bonheur de se prélasser dans les sources chaudes de Jarðböðin, de se badigeonner de boue minérale et de se lancer des boules de flocons.

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L’Islande en avril, ce sont aussi 5 jours de tempête de neige. Le réveil à 5h dans une maison tremblante, ébranlée par le vent qui s’engouffre dans chaque interstice et claque. Les cailloux sur la berline de nos voisins, charriés des montagnes avoisinantes. La neige qui jamais ne se pose et forme un nuage aveuglant de blanc. La silhouette de 2 auto-stoppeurs qui se dessine timidement, à 2 mètres de notre capot.

Avec si peu de monde, les auto-stoppeurs et les voyageurs, on les croise, forcément. A Akureyri, la porte d’un bed and breakfast s’ouvre sur les québécoises qui 3 jours plus tôt, à Egilsstaðir, nous avait salué d’un joyeux “bon matin”. Au sortir d’une échoppe de Reykjavik, je retombe sur un rasta néerlandais, rencontré dans une auberge de Hòlmavik, qui partait pour un festival musical dans les Fjords de l’Ouest.

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Anecdote sur les islandais : ils trouvent impolis de se moucher. Ne vous étonnez donc pas si, au restaurant, pendant que vous dégustez votre steak de baleine, la table d’à côté renifle bruyamment. On a beau être prévenu, ça surprend.

J’ai quitté l’Islande en me promettant d’y revenir. En été. Pour randonner dans le Landmannalaugar, au centre du pays. Et voir les elfes de la péninsule du Snaefellsnes.

Quelques photos

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