PageLines- 417511_414054968630427_1216243966_n.jpgIls se sont rencontrés en 2009, à Lyon, pour étudier la “Communication humanitaire et Solidarité”.  Tous les 2 voyageurs, tous les 2 engagés, ils décident alors de lancer leur propre aventure, les Reporters solidaires. Fabienne et Thibault, 26 ans, sont partis en août 2012 pour 1 an en Asie du Sud-Est.

Depuis presque 9 mois, les expériences se succèdent, les pays aussi, et nous vivons une succession de petites aventures : la découverte de la Chine, les reportages en Inde et au Bangladesh, le woofing en Thaïlande, la traversée expresse du Laos, les reportages à nouveau au Vietnam, les « vacances » au Cambodge, le woofing encore, en Malaisie…”.

“Un an à la rencontre des initiatives de solidarité locale en Asie du Sud-Est”

Les Reporters solidaires sont nés d’une volonté commune de partir à la rencontre des acteurs associatifs locaux. “Au cours de notre formation, nous avons creusé notre connaissance du milieu de la solidarité internationale et notre réseau. Fabienne a travaillé pour la Revue Altermondes, et Thibault pour l’ONG Frères des Hommes. Cette connaissance accrue du milieu nous a aidés à affiner notre projet de voyage, à cibler des associations partenaires, à créer notre propre méthodologie…”.

481441_455929707776286_687490626_n

La plume aguerrie, l’appareil photo autour du cou et le carnet de voyage en poche, Fabienne et Thibault ont donc pris la route. “Un voyage court est une découverte, un voyage plus long est une tranche de vie, un temps de réflexion approfondi sur soi, sur la différence culturelle, sur les autres, sur son propre pays, qu’on comprend mieux en le voyant de loin…”.

4 associations partenaires

Au long de leur parcours à travers 9 pays, les 2 reporters se posent pour comprendre les associations partenaires avec lesquelles ils collaborent et conter leur histoire. “En Inde, à Bangalore, et en Indonésie, à Jakarta, nous travaillons avec deux ONG partenaires de l’association Frères des Hommes, qui est notre soutien principal en France. Nous avions donc un lien étroit avec ces structures avant de partir. Il s’agit de l’ONG Fedina, qui travaille dans le sud de l’Inde au renforcement des groupes de populations les plus fragiles (dalits, personnes âgées, femmes battues…), et de l’ONG KPA en Indonésie, qui aide les paysans expropriés dans leur combat quotidien pour la terre.”

IMG_6171

Au Bangladesh, ils s’intéressent à la problématique de l’accès à l’eau potable avec l’association AOSED; et ils suivent le parcours des jeunes activistes de Vietnam and Friends à Hanoi.

 

De ces échanges, ils ramènent des reportages de terrain et des réflexions de fond, des portraits et d’incroyables expériences de vie. “Ces temps de reportages sont vraiment le point fort du voyage, car on y rencontre des gens engagés chez eux pour une société plus juste, et on partage leur quotidien, leur combat, mais aussi leurs repas, leurs histoires, on rencontre leur famille, on dort même chez eux parfois…” 

603335_455930307776226_2116185103_n

“Une boîte de chocolats nous attendait…”

Parmi leurs nombreuses rencontres, lorsqu’on leur demande laquelle les a le plus marqués, c’est de ce médecin bangladais dont parle les 2 compères. “C’était au Bangladesh, une semaine avant Noël, dans un hôpital de Khulna, petite ville typiquement bangladaise où on séjournait depuis un mois. En manquant une marche au marché de nuit local, Fabienne s’est tordu le pied, et on l’a emmené en rikshaw faire des radios, qui ont révélé de multiples fractures. Pas très rassuré, le directeur de l’ONG avec lequel nous vivions a contacté une de ses connaissances, qui s’est avéré être un spécialiste en orthopédie, pour venir ausculter la blessée. Bref, il a mis un demi-plâtre à Fabienne, puis nous a raccompagnés personnellement à domicile. Il s’est posé un peu avec nous pour nous donner quelques conseils et les médicaments nécessaires, puis de fil en aiguille, on s’est retrouvés au cœur d’une discussion sans fin, de ces discussions qui vous marquent tellement elles vous mènent loin et vous font oublier le temps qui passe. Il était question de mariage et d’engagement moral, et on avait pas tous les mêmes points de vue.

603238_455912904444633_852667078_n

Quatre jours plus tard, on a du quitter Khulna pour Dhaka, et on l’a appelé en catastrophe pour troquer le demi-plâtre contre un strap plus adapté au voyage. C’était un vendredi matin, jour de prière pour les musulmans. Quand nous sommes arrivés dans son cabinet, une tour Eiffel était posée sur son bureau en signe de bienvenue. Une boîte de chocolats nous attendait, ainsi qu’un livre sur l’indépendance de l’Inde écrit par un journaliste de renom.

Surpris, émus et gênés de recevoir tant sans rien avoir à donner en retour, on a quitté la ville avec l’espoir de revoir un jour ce bonhomme moustachu qui incarnait si bien la bienveillance et la générosité. Pas sur qu’en France notre généraliste nous offre des caramels à la prochaine visite”

Et après…

9 mois de voyage se sont déjà écoulés. “Sur la route on vit à un autre rythme, dans une autre dynamique ; on ne sait pas très bien ce qui se passe en France, on croise une multitude de gens différents ; lorsqu’on est en itinérance, on ne sait pas forcément où on sera le soir même, quand on passe une frontière on ne sait jamais vraiment ce que sera le pays dans lequel on entre…”

Fabienne et Thibault pensent lentement au retour mais sereinement. Ils souhaitent faire fructifier l’expérience et réunir leurs meilleurs travaux sous forme de livre. “On aimerait poursuivre la démarche en France, et aller rencontrer des travailleurs sociaux, des bénévoles engagés dans des activités à dimension éducative ou sociale… Et puis il y a les projets plus perso : Fabienne va finir ses études de droit, Thibault va chercher un poste d’intervenant en Education au développement (EAD), et on va tous les deux retrouver avec plaisir la famille et les amis, et nos petits plaisirs français ! Et puis, le voyage appelant le voyage, on a déjà d’autres destinations en tête… Mais pas pour tout de suite !”

Les liens de l’article

 

 

 

Close