A bord de leur tuk-tuk vert pomme, ils parcourent les routes orientales. Partis de Phnom-Pen au Cambodge le 15 août, ils veuillent rallier Paris pour promouvoir le parrainage. Leur objectif : trouver 1 nouveau parrain par 50km soit 340 parrains pour les Enfants du Mékong. Ils s’appellent Marine, Raphaël et Thibaut. Ce sont les Facteurs du Mékong.

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1. Racontez-nous votre histoire ?

En août 2012, nous avons quitté nos emplois respectifs (directeur artistique, chef de projet média et avocat) pour partir un an au Cambodge comme volontaires Bambous (Volontaires de Solidarité Internationale pour l’association Enfants du Mekong). Marine et Raphael, mariés depuis 4 ans, étaient responsables d’un centre scolaire à Banteay Chmar, petit village du NO du Cambodge. Thibaut était lui coordinateur de projets dans l’est du pays.

2. Et l’histoire des Facteurs du Mékong ?

Le projet est né le 25 novembre 2012, dans un bus qui traversait le pays. En rêvant ensemble, nous avons imaginé rapporter des lettres de filleuls de l’association à leurs parrains par la route. Du vélo, nous nous sommes rapidement décidés pour le Tuk tuk, moyen de transport typique de la région d’action d’Enfants du Mékong.

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3. Vous êtes partis il y a peu pour rallier Phnom-Pen à Paris, 17.000 km en tuk-tuk. Comment se déroule le voyage ?

Notre voyage se déroule bien; nous avalons les kilomètres à une cadence folle, préoccupés par notre seul but : délivrer les lettres à leurs destinataires le 20 décembre à Paris!

Malgré notre détermination, nous sommes tributaires de nombreux éléments extérieurs qui nous ralentissent : délivrance d’autorisations administratives et tracas mécaniques… Nous accusons aujourd’hui un retard d’une dizaine de jours que nous entendons bien rattraper sur les meilleures routes d’Iran et de Turquie.

De manière plus générale, le voyage est exceptionnel : nous voyons toute la journée le monde défiler devant nos yeux, et les réactions surprises et enthousiastes des gens qui voient passer notre étrange attelage font notre bonheur au quotidien. Si vous voulez en connaître un peu plus sur notre voyage à travers 17 pays, vous pouvez les lire/regarder sur www.facteursdumekong.fr et www.facebook.com/facteursdumekong

4. Dans votre coffre, vous ramenez des centaines de lettres d’enfants parrainés en Asie du Sud-Est, jusqu’à leur parrain européen. Pourquoi le parrainage ?

Notre aventure vise à faire mieux connaître le parrainage, car notre année de volontariat nous a convaincu qu’il s’agissait d’une aventure dans laquelle nous voulions embarquer encore plus de monde! Le parrainage propose à un foyer français de se lier à une famille vietnamienne, laotienne, thaïlandaise, chinoise, philippine, birmane ou cambodgienne. Ce lien se crée par une aide financière (24 euros par mois pour un parrainage scolaire) qui permet à un enfant d’aller à l’école quand la situation de sa famille rend la poursuite de sa scolarité trop incertaine. Il se crée également par l’échange de lettres par lesquels deux mondes communiquent en se racontant leur quotidien, leurs joies et leurs difficultés. Pour résumer, le parrainage nous a séduit car il permet de construire un pont de solidarité entre des personnes qui n’ont au départ rien en commun.

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5. Voyager en tuk-tuk n’est pas de tout repos. Vous avez des aventures à nous faire partager ?

Chaque jour apporte son lot d’aventure : découvertes, réparations, négociations, lutte contre le froid. Notre aventure la plus marquante a été le dépannage forcé de notre tuk-tuk dans un village du Yunnan, vers la ville de Chengdu. Après avoir brisé en plusieurs morceaux notre disque de frein gauche, nous avons été obligé de nous en remettre à deux garagistes filous et maladroits. Les deux compères se sont entêtés à charger le tuk-tuk avec une grue d’un autre âge, sur un camion trop court. Après plusieurs heures interminables de sueurs froides, nous avons pris la route pour 600km avec nos deux chauffeurs qui s’endormaient tour à tour sur l’autoroute. Nous avons passés une partie du voyage à chanter et taper dans nos mains pour les tenir éveillés! A 5 heures, après avoir crevé un pneu et poussé le camion qui ne démarrait plus, nous avons enfin atteint Chengdu où le tuk-tuk a pu être déposé dans un garage digne de ce nom!

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6. Racontez-nous une rencontre qui vous a marqués ?

Nous avons pu, au cours de l’expédition, faire de nombreuses et magnifiques rencontres. Celle qui nous a vraiment marqué récemment, c’est avec Fatema et Mehrdad. Mariés depuis 6 mois, ils habitent à Semnan, à 200km à l’est de Téhéran. Nous avons découvert à travers leur histoire un visage très humain de l’Iran, très loin de ce que les médias occidentaux ont pris pour habitude de montrer, c’est à dire une jeunesse vivante, dynamique, assoiffée de rencontres et de liberté. Elle est prof d’anglais, car bien que diplômée en Ingénierie, la politique d’emploi menée pour les jeunes est catastrophique. La question religieuse, forcément abordée dans nos discussion, est abordée de façon très simple par Fatema et Mehrdad : ils sont croyant, mais prennent la liberté de penser qui est interdite par les autorités religieuses. C’est une belle rencontre car tous deux sont le témoignage que la liberté que l’on cherche tous est d’abord une liberté de penser. Reste à conquérir celle d’action et de parole!

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