Note initiale  : texte écrit sans me relire. Je rajouterai des photos lorsque j’aurai le temps.
Note au 9/02/2014 : des photos ont enfin été rajoutées.

il est 8h26, du moins en Belgique. 7h26 Michel tient Monde (avec un bonnet de la garde anglaise) dans une boutique à Londres. La mascotte réalisée par les enfants voyagera avec nous pendant le tour du mondeà Londres, où dans deux heures je serai dans un pub anglais avec Julie, ses parents, ses grands-parents maternels et ma mère.
Dans 28h, nous serons à Victoria Station et j’embrasserai ma mère qui m’aura dit “Je ne pleurai pas” avant un “tu fais chier”, en se mettant à pleurer mais en retenant fièrement qu’elles ne coulent à gros torrent. Elle pleura beaucoup dans le bus, elle aura besoin de son “puf” pour reprendre son souffle, elle ne s’en remettra qu’une fois arriver à Lille où elle pourra s’asseoir, prendre un café en attendant le bus pour Bruxelles, voir d’autres voyageurs dans la gare et qu’une personne ait un comportement qui l’énerve.

“Michel, comment tu te sens?”

J’aurais envie de dire “bien”. En fait, chaque jour, je me rends compte qu’il y a plein de vidéos et de photos en suspens que je n’ai pas eu le temps de faire : je trouvais illusoire de faire la vidéo dans le bus pour Londres malgré le 6h affichées : 5h40 au final, l’arrêt aux douanes, des vidéos pendant le tunnel sous la manche pour le prochain petit journal, répondre aux questions de ma maman qui parle car le silence le stresse et qu’elle a l’habitude de toujours parler (que ce soit aux animaux ou à ces amis par téléphone)…

Michel et sa maman à la douane UK avant de passer sous la manche avec le bus idbus

“OK MAIS comment tu te sens Michel ?”

ben ça fait plusieurs semaines que je m’endors comme une mouche, crevé. Cela fait deux semaines que je me réveille sans avoir passé une nuit de 8h. Je me sens bien de manière générale, là j’ai les intestins qui joue la symphonie du nouveau monde d’un compositeur qui accepte que nous sommes patronymes.

Je pense aux besoins importants et pas réalisables dns une même journée : passer du temps avec ma maman, faire les derniers achats d’équipement de voyage et technologiques, contacter l’ambassade, redire aux gens que c’est important de nous soutenir sur KisskissBankBank malgré que nous ayons atteint l’OBJECTIF minimum et qu’on s’est rendu compte qu’à moins d’avoir des partenariats avec des parcs ou la générosité des gens (qui n’auront comme retour que le contenu multimédia que nous pourrons transmettre), nous ne pourrons pas aller dans les beaux endroits pour faire des photos et des vidéos, essayer de trouver du contenu court mais toutefois intéressant pour que davantage de personnes nous suivent sur facebook, suivent nos aventures car le but de se voyage était quand même la rencontre et le partage de nos expériences avec le plus grand nombre ;

Julie lors du premier jour à Londres avec ses parents Photo © Chantal Charels

Julie lors du premier jour à Londres avec ses parents
Photo © Chantal Charels

Au final, j’ai une grande quantité de stress que je contiens, que j’essaie autant que possible de mettre en sourdine lorsque je suis avec ma maman ou des amis. Au bout de 35 minutes sur mon pc, alors que Julie dort (ou fait mine de dormir) dans la même pièce, ou lorsque nous nous sommes quittés pendant quelques heures et que nous nous retrouvons, le stress surgit brusquement, ne laissant place qu’à une salve de questions, reproches et des inquiétudes qui sont restés en suspend et à laquelle Julie, assaillie, ne peut répondre ; s’en vient alorsle reproche de ne pas pouvoir me donner une réponse claire alors que j’en serai incapables (nous avons une fâcheuse tendance à ne pas savoir décider ensembles) mais que j’ai besoin d’avoir des certitudes sur certains points. Je me fâche car elle n’a pas réalisé l’une ou l’autre tâche que je lui ai déjà demandé deux fois (les scans, le numéro de l’asbl, tu m’as pas dit comment arriver…). Pourtant elle s’améliore, ou plutôt s’adapte de plus en plus à ma manière de fonctionner. Je l’ai constaté hier hier, tout était fixé : 9h30, au pub pour le déjeuner, elle sait où il se trouve, elle est passée devant hier soir et elle me raconta l’anecdote d’une photo prise devant ce même pub avec Jérôme, l’un de ses amis les plus proches avec qui elle a vécu en colocation.

Bon tu peux pas la faire brève : comment ça va ?

Là, c’est un peu dur. J’ai hâte que l’aventure démarre car je me sens épanoui lorsque je pars à la rencontre de ce qui m’est inconnu. Le voyage n’est pas bien préparé/planifié et j’aime cela. Nous savons où nous dormirons les 5-6 premiers jours, j’ai encore besoin d’un caleçon en laine de mérino, d’une lampe frontale, j’ai faim.

Je vais bien mais je pense beaucoup aux situations qui vont arriver : Julie qui va faire une boulette car elle sera fatiguée, moi qui lui ferai des reproches alors que ce n’est pas le moment puis, pour calmer le jeu, je la traiterai de “grosse patate”, signe à la fois de mécontentement, d’affection (elle adore les patates), d’amour pour la frite et de “bon, je vais être plus gentil dans mes propos”. Je sais que je vais faire des conneries lorsque je serai crevé et je ne les reconnaîtrai qu’à demi-mot, et face au silence, pire, au “ça arrive” de Julie, je lui répondrai “ouais mais si toi tu faisais cela, tu sais très bien que je te ferai des reproches. Et je te préviens (la voix pas fière), ce n’est pas parce que cela m’est arrivé que tu as gagné une dispense pour la prochaine fois” puis elle me sourira ou me tapotera sur l’épaule en disant “dear dear” avec un sourire de victoire dans une voix apaisante, se disant “c’est aussi une grosse patate”.

Mon réveil vient de sonner, celui de Julie aussi avec une minute de décalage : c’est Michael Jackson (une chanson que je ne connais pas mais Julie ne me tient pas rigueur de mes tarres).

Je n’ai pas eu à réveiller Julie, là elle me cherche dans la nuit, elle entend que je tape, elle se retourne dans le lit et hésite à me parler car elle sait que je n’aime pas quand on me parle alors que j’écris. (note : Je viens de rajouter une partie au-dessus et je me suis arrêté : Julie m’a dit “ça va?” pour commencer la conversation, puis elle a continué une chanson suite à ma réponse en chanson”).

On est à J-1, j’ai hâte de partir, on va passer les prochaines 24h à courir et après, on sera enfin libres.

J’ai hâte de partir à l’inconnu, je suis stressé car on a un gros projet pédagogique et que je n’ai pas réussi à finir une vidéo, la première de “dans mes yeux d’enfant” que je promets depuis des deux mois: comment vais-je faire pour réaliser ces petites soeurs en voyage ? comment faire pour réaliser des vidéos de très bonnes qualités alors que j’ai des manques en ce qui concerne le rythme, la disposition des vidéos, etc. ? Comment être heureux, vivre le moment présent et réussir à partager mon aventure aussi bien que je le souhaiterais ?

Il est temps de partir de nous mettre en route, ces questions vont me tourner dans la tête toute la soirée, on fera un dernier repas ensemble ce soir et je n’aurai pas avancé sur les photos et les vidéos, mais j’aurai passé du temps avec ma maman qui m’énerve car c’est ma maman et que je vois chez elle des traits de caractère qui me déplaisent mais me collent à la peau ; j’aurai passé du temps avec ma maman que j’aime car je vois en elle une force de caractère qui me permet d’appréhender les gros problèmes et les peurs des autres avec beaucoup de séreinité, et qui m’a donné son blanc sein lorsque j’ai voulu pour la première fois partir à l’étranger : “oui j’ai des problèmes de santé mais tu dois vivre ta vie. Tu ne dois pas vivre ta vie pour moi Michel mais réaliser ce que tu souhaites”. Je voudrais être là lorsqu’elle viendra à mourir mais je me doute que je serai à l’étranger, cette année ou un prochaine fois ; je voudrais revenir pour l’enterrement et repartir tout aussi vite pour mes aventures, régler tous les tracas administratifs en 48h, vivre mes aventures sans l’oublier.

DSC_0158 au-tournant

Il est 9h17 en Belgique, 8h17 à Londres.

Maintenant 18.

Comment je me sens ? je suis une personne complexe et répondre à cette question nécessite de se la poser : et donc de se poser.

Je vais enfin partir, cela fait un an que j’attends ce moment. Il y a les questionnements de tous les jours et il y a le sentiment général : je suis stressé mais c’est parce que je suis à J-1. Sans doute qu’à J+20, je serai serein…

Michel

Michel à j+13

Michel à j+13

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