Lorsque le taxi nous dépose à Chiromo, un quartier de Nairobi, le jour de notre arrivée, je la vois nous regarder d’un air malicieux. Mais tout le monde ici nous regarde. Deux mzungu, deux blancs, avec des sacs de 20 kg, ça ne passe pas inaperçu. Nous nous harnachons, regardons autour de nous, je sors le gsm, vérifie les instructions qu’elle m’a laissées. A ce moment-là, finalement, elle m’appelle en riant. Paveen est la première hôte de notre tour du monde.

Paveen, Monde et le drapeau du Kenya

Paveen a 29 ans. Elle travaille dans une compagnie d’audit, principalement pour le secteur public et non-marchand. Sur son mur est suspendu un drapeau du Kenya. Rempli de signatures. Je ne lui ai pas demandé s’il s’agissait de couchsurfeurs qu’elle avait accueillis, de personnes rencontrées en Belgique ou ailleurs, d’amis croisés sur les routes.
Les 6 mois qu’elle a passé à Namur pendant ses études d’économie lui ont donné le goût du voyage, pas si courant au Kenya. La bourse qu’elle a reçu de la Communauté française pour cet échange étudiant, elle l’a presque entièrement utilisée pour parcourir l’Europe.
Ses amis ne comprennent pas toujours ses choix de vie. Contrairement à eux, elle vit dans une toute petite maison, ne sort pas au restaurant. Elle économise pour voyager.
Cette année, elle rêve de partir au Canada. Tous les 2 jours, elle vérifie les sites comparatifs de compagnies aériennes. Mais pour l’instant, elle n’a pas le budget.

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A peine arrivés, elle nous invite à rejoindre les Original Nairobi Hash House Harriers, un “drinking club with running problem”. Tous les lundis, ils se retrouvent pour une course d’orientation et boire et manger. Une première occasion de rencontrer tant des kenyans que des expatriés. Dont Maaike, une belge qui travaille à l’ambassade.
Paveen a rejoint le groupe en septembre. Aujourd’hui, c’est à elle d’organiser le parcours et le restaurant. Pour fêter ça, elle reçoit son nom de “baptême” : Pussy auditor. Et doit boire une sorte de brassin amère dont personne ne veut connaître la composition. Ce n’est pas la seule, tout le monde y passe : pour avoir marché, pour les nouveaux, pour ceux qui reviennent après une longue absence, pour les belges,… Ceux qui ne terminent pas leur verre se le versent sur la tête. Ca me rappelle presque les td.

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Après 3 nuits, quelques tuskers, un karaoké (avec Miss Kenya 2003), la recette de l’ugali (une préparation typique de farine de maïs), des conseils sur les prix des fruits et légumes, et plusieurs visites à l’arboretum de Nairobi, nous quittons Paveen.

Bon voyage…

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