“Non, vous ne pouvez pas dormir dans le garage. Mais si vous voulez, on a une chambre.”

C’est ainsi que nous rencontrons Arthur et Judy, des grands-parents néo-zélandais, passionnés par l’Irlande. En toquant à leur porte.

Nous arrivons dans leur ville, Cromwell, un peu par hasard. L’auto-stop n’a pas fonctionné comme nous le voulons et nous sommes à 60km de notre destination, Queenstown. Mais la nuit est tombée et nous décidons de rester là.

hébergement spontané

Sans hébergement, nous envisageons plusieurs solutions. Même dormir dans les toilettes publiques, bien entretenues et grandes, en vue de se protéger du vent et du froid. Mais nous avons peur qu’un employé vienne les fermer pendant la nuit et nous chasse ou nous colle une amende. Le camping, la possibilité la moins chère, coûte 70$. Difficile à caser dans notre budget de 35$/jour que l’on a réussi à tenir jusqu’ici. Alors, on tente une première : l’hébergement spontané.

L’hébergement spontané, qu’est-ce que c’est ?

La Bible du Grand Voyageur en parle mais nous l’avons découvert pour la première fois dans l’émission Nus et Culottés (qu’on adore). Nans et Mouts, ces 2 culottés audacieux, nous ont donné le courage de tenter l’expérience. Assez simple en fait : toquer directement chez les gens pour leur demander l’hospitalité, un coin où s’abriter pour la nuit.

Nos coeurs s’accélèrent mais on essaye. Et ce fût finalement plus simple qu’attendu.

“Regarde, on dirait une maison de Noël”

D’abord, on se dit que l’on va chercher des caravanes dans les jardins, que ce sera plus simple de demander aux gens, qu’ils se sentiront plus en sécurité. Mais rien à l’horizon.

“On peut tenter cette maison-là, il y a des lumières de Noël, ça a l’air sympa.”

Oui, ben les lumières de Noël ne font pas le moine. Le “Non” est très sec. En même temps, on comprend, 2 zigottos avec des bonnets de panda et de raton-laveur sur la tête, ça ne rassure pas tout le monde. Mais on a l’air gentil quand même.

Les 2 refus suivants sont plus doux. On voit d’autres maisons éclairées mais pas forcément de sonnettes, et parfois, on se décourage, on n’ose pas. A la 4ème tentative, l’homme ne nous ouvre même pas. Il me regarde et se détourne vers la télévision. Je me dis qu’il a peut-être appelé quelqu’un mais rien ne bouge. Allez, on n’a rien à perdre, on tente la maison d’en face. Il y a des masques africains au mur et des statues d’éléphants, ce sont peut-être des voyageurs, et puis cette grande roue champêtre dans le petit jardin.

Et finalement…

Lorsqu’Arthur nous dit qu’il ne sait pas trop, qu’il doit demander à sa femme, on pense que c’est foutu. Et puis Judy arrive, en robe de chambre, nous fait entrer. Sur le coup, on ne comprend pas. “Non, vous ne pouvez pas dormir dans le garage”. Alors pourquoi nous faire entrer ? “Mais on a une chambre, mais elle est très froide, vous ne voudrez peut-être pas dormir là.” Heu… on était prêt à dormir dehors, on n’est pas difficile.

“Allez vous installer et puis venez dans le salon prendre un verre.”

Hébergement spontané

Finalement, nous resterons là 2 nuits. Le lendemain, Arthur et Judy nous emmène pour un tour dans la région : Wanaka, Cardrona, Queenstown,… Il nous aide même à remplir les défis que Leigh nous a lancés en nous offrant une glace aux vrais fruits. Pour les remercier, nous cuisinons un waterzooi. Mais devons faire les fourbes à la caisse du supermarché pour les empêcher de payer la note.

Hébergement spontané

Arthur, Judy, merci. Et peut-être à l’année prochaine, en Europe cette fois.

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