hébergement offert par un hôtel à des voyageurs

Voilà 8 mois que nous voyageons avec 22 euros pour budget quotidien (nourriture, logement, activités) pour nous deux. C’est bien entendu une moyenne sur l’année mais nous avons toujours respecter ce budget lorsqu’on regarde nos dépenses par mois, même en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le plus difficile pour tenir ce budget est d’arriver à se loger. Comment on y arrive ? Nous avons tenté plusieurs manières de dormir…

Le camping sauvage (wild/freedom camping)

les points positifs
Avantages
gratuit et parfois accès à des lieux magnifiques
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Désavantages
le confort est aléatoire et on n’est pas à l’abri d’une surprise.

La première fois dans ce voyage, ce fut à l’aéroport de Singapour. Arrivés à minuit, le taxi allait manger tout notre budget et le logement est hors budget. On a donc décidé de se trouver un coin d’ombre et calme. L’air conditionné était un peu trop puissant mais personne ne nous a dérangé et on a dormi 6h30.

Nous avons également dormi sous tente à Milford Sound, en Nouvelle-Zélande, considéré comme l’un des plus beaux endroits du monde. Même si c’est officiellement interdit, nous savions qu’il n’y aurait pas de voiture de police qui ferait 2x2h30 de route pour vérifier si des voyageurs y dormaient hors saison, et le café du coin nous avait donné son aval. Nous nous sommes réveillés à 4h30 du matin car un Kea, un oiseau protégé de Nouvelle-Zélande, trouait notre tente. Nous avons donc eu tout le temps pour préparer le matériel afin de prendre de belles photos, seuls au milieu de ce paradis, avant l’arrivée d’une horde de touristes.

Nous avons également dormi dans une voiture de (re)location à trois reprises : même si le confort n’est pas toujours idéal, cela permet de pouvoir accéder à des superbes lieux (le long de la mer, en haut d’une montagne) et d’avoir de beaux paysages de nuit ou de lever de soleil, face à la nature.
Dernièrement, nous avons dormi dans un campervan dans un beau quartier d’Auckland.

une nuit étoilée en camping sauvage

Recommandations
Trouvez un coin calme, à l’abri des regards et de la circulation pour plus de sécurité et de tranquilité, et éviter une potentielle contravention (ou du moins un réveil nocturne). Vérifiez la législation en matière de camping sauvage. Mieux vaut dormir “tôt” et vous lever à l’aube, avant que la population locale ne sorte de chez elle. Laissez le lieu propre et ramassez vos déchets (que ce soit des plastiques ou le papier toilette).

L’hébergement spontané

les points positifs
Avantages
Gratuit
Mieux protégé et souvent plus confortable que sous tente ou à la belle étoile
Peut mener à de belles rencontres
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Désavantages
Il faut montrer de l’audace
Les refus répétés peuvent miner le moral
Le succès n’est pas assuré et ce qu’on vous proposera est indéterminé.

Grande première pour nous. Nous nous sommes retrouvés coincés dans une petite ville, à la tombée de la nuit, n’ayant pas réussi à faire de l’autostop jusqu’à Queenstown. La “cabine” la moins chère à Cromwell était de 70 NZD (~44euros), le propriétaire ne voulant pas qu’on loge à deux dans un lit simple.

Nous avons toqué aux portes pour savoir si nous pouvions dormir dans le garage ou la caravane/le mini-van des habitants ; à la cinquième maison, on s’entend dire : “vous ne pouvez pas dormir dans le garage mais si vous voulez, nous avons une chambre”. Une magnifique rencontre avec Arthur et Judy !

La deuxième fois que nous comptions dormir à l’aéroport, à Auckland cette fois, nous étions dans un fastfood et nous allions partir lorsqu’un homme nous a proposé de dormir chez lui après une courte conversation. Il aimait un film sur un aventurier à moto en Amérique du Sud et son frère a l’habitude d’accueillir des étrangers pour des colloques. C’était une première pour lui.

Hébergement spontané

Recommandations
Ayez l’air propre sur vous et de gens “normaux” (on peut y arriver même avec un bonnet panda sur la tête !). Exposez directement et clairement votre demande, et notamment que vous cherchez le confort minimum (la carpette, la pelouse si vous avez une tente, le garage, etc.). Ne restez pas collé à la porte afin que l’hôte potentiel se sente en confiance. Si vous avez des références sur un réseau de voyageur, proposez à la personne de consulter votre profil. Si vous ne vous sentez pas en sécurité, n’hésitez pas à partir.

Les réseaux de voyageurs

les points positifs
Avantages
Pas d’argent en jeu
L’hospitalité et l’échange culturel sont mis en avant
Un système de référence pour sécuriser/augmenter les chances d’expériences positives
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Désavantages (couchsurfing)
Des profils de voyageurs très divers avec des attentes et des envies qui doivent se rencontrer
Difficile pour des novices de trouver un hébergement dans les grandes villes touristiques vu la demande par rapport à l’offre
Les imprévus peuvent arriver (votre hôte a dû partir et ne peut plus vous accueillir)

Nous sommes sur le site Couchsurfing depuis 2007 (Michel) et 2008 (Julie). Il y en a quelques autres, comme :

  • BeWelcome : Crées par les anciens d’hospitality club et de couchsurfing, suite notamment aux changements des statuts de ce dernier (devenu une société privée à raison sociale)
  • Warm shower : pour les cyclistes

Le couchsurfing a changé nos vies, notre perception du monde ou des gens. On demande l’hospitalité (parfois on nous invite aussi) et on rencontre des personnes, des voyageurs ou non, qui nous ouvrent leurs portes et chez qui nous passons une nuit ou plusieurs, avec qui nous cuisinons et avec qui nous partons parfois boire un verre, faire une randonnée, découvrir un chanteur ou une exposition. Ou peut-être qu’il n’aura pas le temps.

Au Kenya, nous avons été accueilli par un Kenyan qui a travaillé vingt ans à Londres et qui nous a aidé à travailler avec l’école de sa maman, à être logé pendant trois nuits dans un hôtel business et un resort. En Tanzanie, nous sommes restés une semaine avec une finlandaise qui gère un projet avec des enfants handicapés, à Bangkok avec un métaleux qui a fini un doctorat à la Sorbonne, un éleveur de moutons et une podologue déjantée en Australie, des étudiants adorables en Nouvelle-Zélande, etc.

Si vous avez foi en l’humanité et que vous êtes aussi prêts à accueillir, pensez à utiliser ces réseaux. Mais n’oubliez pas que si vous êtes accueillis gratuitement, vous pouvez montrer votre graititude en cuisinant ou en payant un verre. En ayant l’envie d’échanger une bonne conversation et d’être sociable.

deux couchsurfeurs jouant de la guitare

Recommandations
N’utilisez ce réseau que si vous souhaitez rendre la pareille. Complétez votre profil : un profil vide ne met pas en confiance. N’envoyez que des messages personnalisés : les copiés-collés n’ont que peu de chance d’aboutir à un résultat positif. Payez un verre ou ramener un petit souvenir (du chocolat, des magnets de votre ville/pays, etc.), cela fait toujours plaisir. Il vaut mieux parfois préférer une auberge de jeunesse, lorsque vous avez besoin de repos et ne souhaitez pas sociabiliser.

L’échange de services

les points positifs
Avantages
Vous pouvez loger dans un confort que vous ne pourriez pas vous permettre
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Désavantages
Il faut travailler en contre-partie, ce ne sont pas des vacances tous frais payés

Vous avez des compétences qui peuvent intéresser des commerçants qui peuvent vous loger ? Tentez le coup ! La réponse ne peut être que oui ou non.

Nous avons étudié et travaillé dans les domaines de la communication numérique et “corporate”, ainsi qu’en photographie. En mettant ces atouts en avant, cela nous a permis de loger dans de chouettes guesthouses à Dar-es-Salaam (Tanzanie – merci à Maxime de Détour local), O’Smach (Cambodge), Mandalay (Birmanie), Te Anau et Owhango (Nouvelle-Zélande). Nous avons également obtenu un partenariat avec un tour opérateur qui nous a offert le logement et le couvert lors d’un safari et dans une réserve massai en Tanzanie. Nous avons souvent “toqué aux portes” pour proposer nos services mais des sites peuvent vous aider comme :

  • Wwoofing (plusieurs sites existent) : travailler dans des fermes biologiques contre logement et nourriture. Très courant en Australie et en Nouvelle-Zélande
  • Workaway et Helpx : quelques heures de travail dans des domaines divers contre logement et nourriture
  • Find a Crew : pour voyager (de manière rémunérée ou non) en aidant/travaillant sur des bateaux

photo pro dans cet hébergement à O'smach

Recommandations
Ayez de l’audace. Connaissez vos capacités et sachez les mettre en avant. Demandez à voir le manager ou le responsable communication. Clarifiez les tâches à réaliser et les contre-parties, essayez d’évaluer le nombre d’heures nécessaire à la réalisation des tâches. Ayez éventuellement des exemples de votre travail à montrer. Si, sur les sites internet, il peut y avoir confusion quant à un apport financier supplémentaire de votre part, n’hésitez pas à poser des questions.

Les hébergements pour les “locaux” en Afrique

les points positifs
Avantages
Moins cher
Une vraie expérience locale
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Désavantages
Parfois très rudimentaires
Il peut arriver qu’on tombe sur des puces de lit (cela est arrivé à des amis en Asie)

Au Kenya et en Tanzanie, il n’y a pas de tourisme de backpackers comme il y en a en Asie du Sud-Est ; les étrangers sont vus comme ayant de l’argent et donc ayant besoin de confort. On nous a suggéré des logements hors de notre budget. Il a fallu qu’on précise à chaque fois le montant que nous étions prêts à donner (5-10$) et le confort : “fan only” (ventilateur seulement), pour qu’on ne nous propose pas de l’air conditionné. Certes, nous n’avons pas passé nos meilleur nuit car le matelas est parfois plus grand que le lit et que le ventilateur n’aide pas lorsqu’il fait affreusement chaud mais après quelques jours d’adaptation et des journées bien remplies, on arrive à dormir.

Dans les pays d’Asie du Sud-Est où nous sommes allés (Thailande, Cambodge et Laos), vous pouvez trouver des logements “pour touristes” entre 3-10$.

Recommandations : Demandez toujours à voir la chambre avant de la prendre : vérifier le lit, la salle de bain, vérifiez si l’eau n’est pas trop froide lorsqu’il n’y a pas de chauffe-eau. Demandez à être le plus loin possible du bruit de la rue et vérifiez que vous pouvez fermer la porte à clé/qu’on ne sait pas entrer dans votre chambre par les fenêtres si vous laissez des biens de valeur dans votre chambre. N’hésitez pas à apporter votre propre cadenas pour fermer votre porte.

Conclusion

Voici donc notre boite à outils pour tenir notre budget logement. Cela demande de la flexibilité, de la socialisation, parfois de l’audace mais cela nous a apporté de bien belles surprises !

Si vous avez d’autres techniques, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires pour que d’autres puissent en bénéficier. Et n’hésitez pas à aimer notre page Facebook pour d’autres articles !

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  • Très bon article instructif ! Merci 🙂

  • Pour ma part j’ai beaucoup fait le couchsurfing mais le woofing aussi ça me tente 🙂

    • Julie

      L’échange de services est une expérience toute différente mais vraiment chouette. Dans notre cas, nous ne sommes finalement passé qu’une seule fois par un site, workaway, pour un volontariat dans un eco-lodge au Kenya. Les autres se sont organisés sur place, souvent par improvisation. Je m’occupe de l’hébergement spontané, et Michel est le négociateur pour l’échange de services 🙂

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