Nous avons déjà abordé différents moyens de loger pour pas cher ou pour rien du tout. L’un de ceux que j’apprécie est le Wwoofing ou plus généralement l’échange de service : il permet de travailler avec des locaux, d’apprendre de nouvelles habilités et/ou de continuer à pratiquer le domaine dans lequel vous êtes bon.

De l’achat de blueberries à la réalisation de la communication numérique d’un bed and breakfast

Et parfois, l’Univers (comme nous disait une couchsurfeuse à Melbourne) t’appelle. Dans le cas du Shack, ce sont les “blueberries” qui ont parlé à notre estomac glouton 🙂

On allait d’Ohakune à Hamilton (ou autre en fait, on n’avait pas de logement prévu) et on voit un panneau “blueberries for sale here” à l’entrée du village d’Owhango (ou ce qui nous paraissait être une route avec 10 maisons). On est entré, on a acheté, on a bavardé.

Do you want a hug ? I am a professional huger you know! Julie

Julie a vite compris que Karen avait vraiment besoin d’un câlin. Les émotions terminées, Karen nous a parlé de wwoofing ; on a parlé de cette voiture à ramener à Auckland, de nos amis à voir à Ruakaka, d’une potentielle disponibilité à notre retour dans la région avec les parents de Julie. On a parlé de son business, de son bed and breakfast, et de ses besoins en photos, facebook, site. Elle a sauté sur le mot “website” et mes yeux ont brillé mais le temps pressait, on ne savait pas où dormir et la voiture devait être à Auckland pour le lendemain, on avait besoin de se trouver un lieu où dormir.

Nous sommes donc partis. Cela me trottait en tête, je commençais à parler de cette dame, de ses besoins, de notre besoin de trouver un lit et de mon envie de faire quelque chose pour cette dame,  que cela permettrait aussi pour Julie d’avoir du temps seule avec ses parents lors de leur deux semaines avec nous. J’ai parlé de l’Univers. Cela faisait 12km qu’on descendait ces routes de montagnes. On a fait demi-tour, se disant “un peu de communication et 4$ d’essence contre un lit confortable (après deux nuits dans une voiture), un bon repas chaud et du vin de myrtille fait maison, c’est un bon “deal”.

homemade jam of bluberries

L’échange de services, ça a du bon

Lors d’un échange de service, on ne parle pas d’argent, on parle des besoins de chacun, du travail à réaliser, des attentes réciproques. Selon les situations, on essaie d’être clair sur les tâches à réaliser et les contre-parties. Avec Karen, tout est simple : elle a pris soin de nous dès le départ, elle respire la bonté et les années de travail à créer son bébé, elle aime accueillir les voyageurs dans sa maison.

Je ne dis pas qu’on doit renier l’argent mais tout dans la vie ne doit pas être pensé en terme d’argent. Ce qui compte, c’est ce que la personne peut m’apporter et ce que je peux lui apporter, on est là pour se rendre service mutuellement. C’est une relation de travail basé sur la confiance, sur la volonté de chacun d’aider l’autre et de trouver votre bonheur dans l’échange.

Certes, on avait travaillé sur le site internet de Karen pendant que nous étions à Ruakaka, on gardait contact. Mais cela fait maintenant cinq nuits que je suis à Owhango et chaque personne que je rencontre (sur les 100-120 habitants) me dit à chaque fois (plus ou moins) la même chose lorsque je dis mon nom :

Oh, you are the belgian guy who is building Karen’s Website ! She is so happy, she said that’s the most wonderful website she has seen in the area!

Aider un commerçant dans ce village me permet d’être connu et accepté plus facilement par la communauté, qui n’hésite pas à “tailler une bavette” avec moi  (je ne sais pas si cette expression est belge ou québécoise ^^) lors d’une rencontre fortuite dans la rue ou lors d’un barbecue auquel je suis convié.

Les résultats de cet échange de services

Pour nous : nous avons logé et été nourri gratuitement tout le long de notre séjour. Julie pendant trois nuits, moi pour une semaine 🙂 Elle a offert le gîte et le couvert gratuitement aux parents de Julie pour une nuit et leur a laissé un rabais pour une deuxième. J’ai rencontré la moitié du village, Karen m’a dit qu’un commerçant en ville était intéressé que je fasse son site internet (mais je préfère laisser ce contrat à un webmaster local).

Pour Karen : Je suis occupé de finir le site internet et une vidéo de présentation de son établissement. Julie a travaillé sur le contenu du site, elle a pris plus de la moitié des photos que j’ai utilisées et a amélioré la page que Karen a créé sur Airbnb.

Et au-delà de cela, c’est une amitié et une relation de confiance qui a été créée. Et je sais que si des amis veulent aller chez elle, ils seront bien accueillis car c’est une belle personne et qu’elle croit en “les amis de mes amis sont mes amis”.

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