Le pas lourd mais le coeur léger, nous suivons John par les chemins d’Heshima, ramollis par le soleil de l’après-midi kenyan. Il nous emmène vers l’ancien volcan, le cratère de Menengai. Un joyau de la Grande Vallée du Rift.

La poussière se soulève sous nos semelles. Elle porte avec elle les cris joyeux des enfants. “How’a’you? How’a’you?”. Ils n’attendent pas la réponse, ils éclatent de rire. “Mzuri sana. Na wewe?” (Très bien. Et toi ?) envoyons-nous dans notre swahili maladroit. Mi-amusés, mi-impressionnés par nos mines de mzungus (les blancs, les occidentaux), ils se cachent les uns derrière les autres, en s’esclaffant sous cape.Le cratère de MenengaiAu bout du chemin, le paysage nous prend pas surprise. Sans prévenir, la terre étend à nos pieds sa cicatrice gigantesque : la caldera de Menengai.

Le cratère de Menengai

Avec ses 500m de profondeur et ses 12km de large, la caldera de Menengai est l’une des plus grandes au monde.

Menengai, la tombe d’un géant

Les Kikuyus, la tribu locale, racontent que le lieu est hanté. Après la pluie, les âmes des guerriers massaïs s’échappent en geyser de la terre où elles reposent. Nous n’avons pas eu la chance de voir ce spectacle. Seulement celui des troupeaux de chèvres qui paissent sur les flancs escarpés du cratère. Tranquilles, elles ne sont pas sensibles au grisant vertige qui me prend. Quelle beauté !

Il y a des millions d’années s’élevait ici un volcan. Titanesque à voir le gouffre qu’il a laissé. Fatigué, il s’est effondré après avoir craché ses dernières réserves de magma. Ce vide écrasant est sa tombe. C’est l’une des plus grandes calderas au monde. Ses 90 km² sont parcourus par les massaïs. En bas, on aperçoit une maison, temporaire. A la prochaine saison, le berger nomade reviendra peut-être sur ces terres. En attendant, les murs de bouse renvoient l’écho des rires des babouins et des dik-dik bondissantes.

Nous restons jusqu’à ce que les ombres s’allongent. Sur le chemin du retour, les couleurs s’adoucissent, pâlissent, comme sur de vieilles photos jaunies par le soleil. Un âne braie lorsque la mama lui barre le chemin, chargée de son bidon bien calé sur son crâne.Le cratère de Menengai

Comment se rendre au cratère de Menengai (gratuitement en plus) ?

Les touristes et voyageurs découvrent habituellement la caldera depuis Nakuru. Aucun transport local ne s’y rend, il vous faudra donc louer une voiture ou rejoindre une excursion organisée. L’entrée au site coûte 600 Ksh. Mais si vous êtes un peu plus fauchés aventureux, vous pouvez accéder gratuitement au cratère depuis le village d’Heshima, à 30 min et 30 Ksh de Nakuru.

Pour vous y rendre, frayez-vous un passage jusqu’au bout de la station de matatus, sur la gauche. C’est là que l’on trouve les matatus locaux, dont celui pour Nyahururu qui passe par Heshima. Le village devrait être indiqué sur les panneaux qui dominent les mini-vans. Demandez à l’accompagnateur de matatus de vous déposer à Heshima et de là, empruntez l’une des routes de poussières sur votre gauche. Elles mènent toutes au cratère.

Si vous le souhaitez, vous trouverez un guide sur place qui vous emmènera au fond de la caldera (prix à négocier). Il faut compter 2h-3h pour descendre donc nous ne l’avons pas fait, étant arrivés vers 16h.

Heshima est un petit village tranquille et amical qui ne voit pas souvent des touristes. Soyez tout de même prudent, évitez d’y aller seul et restez vigilant si vous sortez votre appareil photo. Mais profitez du sublime spectacle de la caldera et émerveillez-vous.

Le cratère de Menengai

Et au passage, avant de reprendre le matatu de retour, vous pouvez aller déposer pour nous un petit cadeau chez John et sa famille.

De l'autre côté du Cratère de Menengai au Kenya
Avis des lecteurs 1 Avis
Close