Pour vous accompagner dans cette lecture, nous vous proposons quelques chants et prières sikhs que nous avons enregistrées au Kenya.

“Vous pouvez toujours demander l’hospitalité dans un temple sikh. Nous accueillons tout le monde.”

C’est ce que nous dit Peter le plombier lorsque nous le rencontrons à Kisumu au Kenya. Qu’on s’entende : ici, quand un sikh nous dit qu’il est plombier, charpentier ou fermier, la plupart du temps, ça veut dire qu’il est propriétaire d’une entreprise de plomberie, propriétaire d’une entreprise de charpenterie ou propriétaire de l’industrie agro-alimentaire kenyane.

Hospitalité dans un temple sikh à Moshi en Tanzanie

Errance à Moshi en Tanzanie

Quelques semaines plus tard, nous arrivons à Moshi, en Tanzanie, ville touristique au possible où, pour la première fois dans ce pays, nous nous sentons oppressés par les vendeurs de rue. Base de départ des expéditions du Kilimandjaro, on n’y voit presque jamais la montagne la plus haute d’Afrique, bien cachée derrière son voile de nuages.

Nous errons, sac sur le dos, à la recherche d’un logement quand Michel lève les yeux, attiré par la danse des centaines d’hirondelles qui jouent au-dessus de nous.

“Ce n’est pas le symbole sikh ça ?”

Ce symbole, on le connaît bien, après les 3 magnifiques journées que nous avons passées aux célébrations des 100 ans du temple de Kisumu (voir l’article Les 100 ans du temple Siri Guru Singh Sabha). Les paroles de Peter le plombier nous reviennent en tête. Michel sort le foulard orange qu’il a reçu lors des festivités de Kisumu, je dépose mon écharpe rouge sur mes cheveux. On n’entre dans un temple que la tête couverte et les pieds déchaussés. Alors, en signe de respect, nous nous préparons avant de toquer. La porte de métal s’ouvre en grinçant et un jeune homme, coiffé de son turban, vient à notre rencontre, intrigué.

Hospitalité dans un temple sikh à Moshi en Tanzanie

“Bonjour, on vient demander l’hospitalité pour la nuit.”

Son anglais n’est pas très bon, il parle essentiellement pendjabi, une langue indienne. Nous lui expliquons que nous n’avons pas de logement, lui parlons de notre participation aux célébrations au Kenya, lui montrons le livre que les prêtres nous ont offert en remerciement. C’est probablement l’élément décisif. Il empoigne son téléphone et appelle le directeur du temple.

“Il est d’accord, vous pouvez rester une nuit.”

Nous sommes heureux mais un peu gênés. Il semble surpris par notre demande et ne sait pas trop comment y réagir. Nous déposons alors nos sacs dans la chambre qu’il nous assigne et sortons pour manger. La faim se fait pressante. Quelques heures plus tard, repus, nous rentrons. Et découvrons que la surprise du premier abord n’est que façade.

“Vous venez manger ?”

Le prêtre du temple et sa femme nous ont préparé une place à leur table. Nous ôtons nos chaussures et entrons chez eux. En 2 minutes, dans un joyeux mélange de pendjabi, de swahili et d’anglais, j’apprends à rouler des chapatis. Le parfum des épices indiennes emplit la pièce et façonne une petite place supplémentaire dans nos estomacs. Les plats sont végétariens, comme chez la majorité des sikhs mais surprennent par leur diversité.

Hospitalité dans un temple sikh à Moshi en Tanzanie

L’hospitalité, valeur sikh

Fondé au 15ème siècle par le Guru Nanak, le sikhisme est une religion monothéïste qui, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne se rapporte ni à l’hindouïsme, ni à l’islam. Rejetant l’idée de caste, elle prône l’égalité de tous, sans distinction de nationalité, de religion ou de sexe (cependant, dans les temples, hommes et femmes sont séparés !). Le Guru Nanak définit 3 enseignements principaux parmi lesquels le Vaṇḍ Chhakō qui élève le partage en valeur essentielle pour les sikhs, aux côtés de la prière et de l’honnêteté. C’est pourquoi, dans chaque temple sikh, vous trouverez une cuisine, tenue par des bénévoles de la communauté, et l’on vous offrira, selon l’heure, un thé ou un repas, qui que vous soyez.

“Vous avez mangé ? Allez manger d’abord. Vous êtes sûrs que vous avez eu assez ?”

A Kisumu, impossible d’entamer une conversation sans que l’on nous pose d’abord cette question. C’est d’après ce même enseignement que la plupart des temples offrent également l’hospitalité, même si certains demanderont un don. Et c’est ainsi que nous nous retrouvons dans le temple de Moshi.

Pour remercier nos hôtes, nous leur proposons notre meilleure monnaie d’échange (voir l’article Nos 4 raisons de prendre des photos en voyage) : des photos des prières du matin. Un éclair de joie passe dans leurs yeux. A 5h30 du matin, nous sommes agenouillés. Michel est attentif à ne pas déranger les chants du Livre Saint sikh avec les clics de son appareil photo et vérifie la qualité du son enregistré (que nous leur offrirons également) . Et nous repartons, quelques heures plus tard, le sourire aux lèvres et le ventre rassasié, avec l’envie d’en savoir un peu plus sur la communauté sikh à notre retour en Belgique.

“Et si vous avez des amis qui en ont besoin, n’hésitez pas à les envoyer chez nous.”

 

 

  • Extra 🙂 Maintenant, il ne vous reste plus qu’à aller au temple d’or d’Amritsar en Inde, la ville saint des Sikhs 😉

    • Julie

      Il n’y a plus qu’à… 🙂

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