099 Km sistema nacional de control horario y velocidad sinach

J’ai commencé cet article il y a une demi-heure. Entre temps, j’ai pris des photos. Maintenant, j’ai Damien Rice dans les oreilles. Il était encore dans ma tête ce matin, comme souvent lorsque je suis le seul éveillé.

contrôle de vitesse dans les bus au chili

089 Km sistema nacional de control horario y velocidad sinach

Depuis mon dernier réveil à 5h27, c’est la première fois que les indétrônables 099km de l’autobus qui nous emmène à Antofagasta prennent une pause. Nous sommes dans le désert, on ne voit pas encore grand chose lorsqu’il est 6h du matin ; les phares nous laissent deviner l’immensité de la régularité.

Lorsqu’on voyage pour un an, on a du mal à imaginer la fin. Enfin si : retour dans sa ville natale ou d’adoption, la famille et/ou quelques amis qui nous attendent si notre bus IdBus ne nous dépose pas en journée ou trop tard, ou encore un weekend où les gens sont occupés. Embrassades, quelques pleurs, dire qu’on a pensé à eux, qu’ils nous ont manqués, qu’il faut qu’on leur raconte tout – vraiment, raconter un an de notre vie ? ma mémoire me fait défaut, j’ai besoin de Julie pour me rappeler le prénom des gens, le nom des lieux où nous sommes allés ; elle compte sur moi pour lui rappeler le prix de certains produits ou la conversion des devises -. Donc voilà, on sait comment ça va finir : on arrive, on débarque d’un bus à 000km. Ce que nous voudrions savoir, c’est comment ça va continuer.

000 km sistema nacional de control horario y velocidad sinach

trois camions dans le désertNous sommes à l’arrêt, un barrage dans le désert. Il y a trois camions sur le bas côté à notre droite. Les premières personnes se réveillent à 6h30. Je suis souvent le premier éveillé. A moins qu’on ne doive se lever tôt, j’autorise Julie à dormir jusqu’à 9h30, 10h. “Autoriser?!”. Oui, je la laisse dormir ses heures mais je m’ennuie, je me sens bloqué si elle ne se réveille pas. Après, je lui reproche d’être en retard ; la veille, on a regardé plusieurs épisodes d’Homeland, Big Bang Theory ou tout récemment House of Cards. Le lendemain, lorsque je la réveille, je n’ai pas utilisé mes 2-3h d’avance sur elle pour finir un article pour le blog. J’ai regardé les sites “d’information”, j’ai bavardé avec quelques personnes sur facebook, j’ai répondu à des e-mails ou j’ai constaté que seul Twitter et Voyage-forum pense à nous pendant la nuit. Je traite aussi des photos. Plus récemment, j’ai commencé à regardé des offres d’emploi. Les jours suivants, j’étais sur Workaway pour trouver un moyen de travailler quelques heures par jour dans un autre pays, voire en Belgique, contre le logement et la nourriture. Avec le temps qu’il me resterait, je pourrais avoir des clients à distance, je pourrais travailler sur notre site internet, écrire de nouveaux articles.

l'immensité du désert

L’après retour est comme ce désert : un infini des possible tellement rempli de régularité et de quelques vaguelettes dans le sable qui restera toujours du sable, s’aglutinant à une roche stagnante.

J’aime la Belgique mais je trouve que tout est compliqué, je m’y sens bloqué. Je ne pense pas que cela soit propre à la Belgique. Je pense que c’est dû à ma nationalité belge, à ma vie de Belge en Belgique. Dans mon domaine, on peut avoir un poste à longue durée ou on peut arriver dans une société pour quelques mois, afin d’aider à réaliser une tâche, venir en remplacement ou en renfort pour un projet. J’aime cette deuxième option car elle permet de découvrir souvent des nouveaux projets, d’autres perspectives selon les employeurs et les buts à atteindre.

Mais c’est souvent la même routine : chercher un boulot, trouver des collègues géniaux et en trouver d’autres vraiment fainéants ou désagréables sans aucune raison. C’est quasiment systématique : j’arrive dans une société plein de bonnes énergies et au bout de 3-4 semaines, je n’en peux plus, je veux quitter car je sais que je vais y aller avec les pieds de plomb. Après, je m’habitue à la situation, je continue de donner mon maximum mais parfois, le coeur n’y est pas vraiment, puis j’oublie un peu ce que je n’aimais pas ou je m’en accomode. Je m’accomode des égos qui me disent “t’inquiète, on sera dans les temps” pour un site internet alors qu’ils ne suivent pas mes recommandations quant au processus à suivre. Partir, taper le nom du site quelques mois après la date prévue de sortie et réaliser qu’en effet, le site n’est pas encore mis en place. Sourire. Fermer la page. Ouvrir une nouvelle page. Comment agir pour tendre vers une société, ou une vie en communauté, qui me plaise davantage que ce qu’on nous propose actuellement comme modèle unique alors que plein de gens vivent différemment et se sentent bien ? Il n’y a pas que métro-boulot-dodo. Mais qu’est-ce que je veux pour ma vie actuellement et pour les années futures ?

quel travail dans le désert ?

Des projets, j’en ai plein : au départ, je pensais travailler comme expat dans un pays visité. Le Kenya me plaisait bien dans l’idée même si au début de notre voyage, je ne comprenais pas qu’il y ait des cafés “à l’Européenne”, où l’on nous sert un très bon cappuccino (et en même temps, au bout de 20 jours de “Vrai nescafé” comme marque de qualité de café, on se faisait mal au porte-feuille avec envie). Maintenant, on apprécie le “à l’européenne” à l’étranger. C’est notre Speculoos de Proust. L’idée qui revient souvent, c’est l’auto-entreprenariat, profitez des possibilités qu’offre internet pour travailler sans attache mais j’aime le contact humain. Pourquoi ne pas travailler pour une compagnie belge qui exporte des produits ou services ? Il faudrait alors que je me spécialise ou du moins, que je me perfectionne. Dans le web ? dans la communication d’entreprise et la vente ?

Une autre idée est de créer une “société”  d’indépendants. Le bus redémarre…

(fin de la première partie)

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