Il me semble compliquer d’envisager un avenir à plus de deux ans en Belgique…

097 km sistema nacional de control horario y velocidad sinach

il est 8h14, le soleil réchauffe la vitre à ma droite, Juie dort encore. Le rideau bleu me permet de lire mon écran et rend le sommeil de Julie plus confortable. Dehors, le spectacle est toujours beau et immense. C’est toujours le désert.

On a lu pas mal de blogueurs : la difficulté du retour, la nécessité de prendre un peu de temps pour revenir “à la réalité”, les questions récurrentes après une semaine : “Alors, tu en es où dans ta recherche d’emploi?”, les petits tracas de la vie de nos amis qui nous paraissent dérisoires et qui deviennent parfois difficiles à supporter.

J’aime la Belgique mais je trouve que tout est compliqué, je m’y sens bloqué. Chercher un boulot, trouver que des collègues sont vraiment fainéants ou désagréables sans aucune raison. C’est quasiment systématique : j’arrive dans une société, rempli de bonnes énergies et au bout de 3-4 semaines, je n’en peux plus : je veux quitter car je sais que je vais y aller avec les pieds de plomb. Après, je m’habitue à la situation, je continue de donner mon maximum mais parfois, le coeur n’y est pas vraiment, puis j’oublie un peu ce que je n’aimais pas ou je m’en accomode. Je m’accomode des égos qui me disent “t’inquiète, on sera dans les temps” pour un site internet alors qu’ils ne suivent pas mes recommandations quant au processus à réaliser. Partir, regarder le site quelques mois après la date prévue de sortie et réaliser qu’en effet, le site n’est pas encore mis en place. Sourire du coin des lèvres. Fermer la page. Ouvrir une nouvelle page.

prendre un nouvel envol

Rien ne change, tout se répète

Pendant cette année de voyage, comme je m’en doutais, pas grand chose a changé en Belgique. Certes, le gourvenement a changé de couleur, la reine Fabiola est morte (ça changera notre cri de guerre au quizz musical ), les grèves sont toujours là (justifiées ou non selon les parties en présence), la SNCB est toujours en retard, la STIB augmente toujours ses prix et le confort dans le bus au lieu d’augmenter les fréquences et l’amabilité des chauffeurs et personnels de sécurité (je me souviens encore m’être fait traiter de “fils de p***” par un chauffeur car j’avais soufflé après qu’il ait forcé le passage pour piéton…). Le Corbeau sera toujours là pour que j’y emmène danser mes amis étrangers sur ses tables après être passé par le Delirium ou la Grand Place ; le site de lavenir.net aura toujours un ou deux articles sur une personne tuée par une voiture en Wallonie. C’est la vie normale d’un pays qui ne connaît pas un gros bouleversement, tout ceci n’est pas grâve. Il y aura toujours les pavés mouillés et les grandes journées de fêtes et de communion.

pause clope en Belgique

Lors de la manifestation pour l’unité de la Belgique, en 2007, un homme prend une pause clope fasse au cœur de la Belgique

Que je vive en Belgique ou à l’étranger, la Belgique et mes amis seront toujours plus ou moins les mêmes : certes, il y aura des naissances, des mariages, des divorces, des blessés voire des décès. Une fois qu’on sait cela, on a fait le tour des changements importants… pour eux.

Pas grand chose ne change dans mon pays. Les complaintes viennent surement de l’immobilisme, de la stagnation inhérente au cadre normatif de posséder une maison, une famille, une voiture, un animal de compagnie ; de regarder vers la fin du mois, vers les vacances qui sont toujours trop lointaines ou trop vite passées, d’aimer la routine et de s’en ennuyer. On voit beaucoup de gens insatisfaits sur les réseaux sociaux concernant leur vie personnelle ou professionnelle.

Sortir de ce confort qui devient inconfortable ; L’herbe n’est sans doute par plus verte ailleurs mais nous ne l’avons pas encore foulée et même si elle est un peu plus jaune, elle offre d’autres perspectives, d’autres intérêts.

Avoir toute la mort pour se reposer devrait nous faire prendre conscience qu’il n’y a (souvent) de limites que celles qu’on se fixe. Comme lorsque je dis à ma mère que je ferais bien du volontariat contre le logement et la nourriture et que je ferais quelques extras en photo et web pour avoir un petit surplus d’argent :

– Mais si tu veux continuer à voyager, il te faut du pognon !

Ce n’est pas tant ce qu’on gagne qui est important, c’est combien on a besoin de dépenser (idée lue il y a longtemps, dans un article de detourlocal.com il me semble).

Quelles projets professionnels pour l’avenir ?

techno-nomade au Kenya à Kisumu

En parallèle à Du Monde au Tournant, je devrai trouver une (autre) manière de vivre financièrement. Nous avons rencontré une nomade qui a vécu avec moins de 3000 dollars en trois ans ; je vois également de gens qui vivent de leur blog, ce qui n’est pas l’ambition de notre site internet.

Comme je l’évoquais ci-dessous, je pourrais faire de l’échange de service (logement et nourriture contre 20-25h/semaine de travail), je pourrais également avoir des jobs saisonniers afin d’en apprendre davantage sur certains métiers, certaines techniques dans des domaines qui me sont inconnus. Colin, une amie belge, parlait des railleries de sa famille à l’idée d’apprendre un métier manuel alors qu’elle a plusieurs diplôme universitaire. Je comprends tout à fait ce besoin de retourner à du concret, de sortir d’un bureau, de voir un travail abouti. Être manuel me permettrait, à côté du travail, d’avoir plus d’autonomies pour cultiver, construire des meubles, confectionner des produits dont j’ai besoin grâce aux recettes de grands-mères dont nous nous sommes éloignés à cause de l’apparente facilité qu’apportent les produits de la grande distribution, parfois à tort, parfois à raison. Nous avons laissé sur le côté notre créativité.

A moyen ou à long terme, j’envisage trois types de “carrière” que je pourrais embrasser pendant plusieurs années:

  • expatrié pour une institution belge ou européenne ;
  • travailler en télé-travail ;
  • un auto-entrepreneuriat seul ou en groupe

Je vous expliquerai tout cela prochainement, ça prend trop de lignes pour cette article déjà assez long (bravo si tu es arrivé(e) jusqu’ici!).

7h21, un parc éolien dans le désert

Cela ne fait chier personne et ça rend service, un peu d’animation dans la monotonie. Déviation dans le désert, on croise un camion vert et une pickup blanc. La route commence à être cabossée.

éoliennes dans le désert

Nous allons bientôt sortir du désert, Julie est réveillée, deux routes sont proposées. Nous allons vers Antofagasta. Qui sait si cette route nous mènera vers des moments de bonheur ? Actuellement, nous n’avons pas de logement pour ce soir, nous allons nous installer dans un café et contacter des couchsurfeurs.

Michel

Fin de la partie 2

Note : au final, nous avons logé chez une couchsurfeuse bourrée le premier soir à Antofagasta; ensuite, nous sommes allés chez un ami d’un ami d’une amie chilienne, architecte qui s’occupe de la conception des premières pistes cyclables de la ville d’Antofagasta, puis chez un autre couchsurfeur chilien, parlant français, qui a notamment vécu en Israël et qui raffole de bières belges.

La vie nous apporte bien des surprises et de la diversité
quand on va vers elle…

Close