Train de Sucre à Potosi

“Non, non, il n’y a pas de train de Sucre à Potosi.”

La mine déconfite, je monte dans la chambre transmettre l’information que vient de me fournir le gérant de l’hostel. J’aurais tellement voulu le prendre ce train. Je ne suis pas la seule et Robin du World Music Tour, avec qui nous voyageons pour quelques jours en Bolivie, ne s’avoue pas vaincu.

Le lendemain… “J’ai trouvé des infos sur un blog. Il y a un train demain à 8h. Il part de la gare El Tejar.”

Le blog, c’est celui d’Hédilya, que je suis régulièrement. Merci Hédilya. Bon ben, il ne nous rest plus qu’à aller voir sur place pour réserver. Ha ben non, ce n’est pas si facile que ça en fait.

El Tejar, une gare bucolique

En bordure de Sucre, la gare est vide. Nous en faisons le tour, le chef de gare est absent. Une famille de cochons traverse gaiement les voies. Nous nous promenons le long de la voie ferrée, escortés d’un vagabond canin qui éloigne ses compères trop agressifs. Soudain, 3 ânes déboulent en galopant. C’est à celui qui braira le plus fort.

gare_el_tejar_sucre

Le chef de gare ne pointe toujours pas le bout de son nez et nous décidons de revenir plus tard dans la journée. Vers 17h, finalement, la porte est ouverte, il est là.

“Je suis désolé, je ne peux pas faire de réservation.”

Ha, ce ne sont pas les mêmes infos qu’on a trouvées. Mais bon, c’est la Bolivie.

“Il y a beaucoup de monde qui prend ce train. C’est le seul moyen d’accès à certains villages. Mais si vous êtes là à 6h15 demain matin, je vous mettrai directement sur la liste.”

Ceci n’est pas un train

Le vendredi matin, nous sommes au rendez-vous à 6h. Nous sommes déjà 25 à nous presser devant les portes et le train ne compte que 24 places. Le chef de gare arrive, nous regarde. Va-t’il tenir sa promesse ? Mais va-t’on occuper 4 places dans l’engin si d’autres, qui voyagent par nécessité, ne peuvent pas monter alors que nous voyageons pour le plaisir ?

Des marchandes étalent leurs couvertures, des familles rejoignent leurs mères dans la file. Il y a toujours plus de monde, mais nous sommes toujours derniers dans cette file. Le chef de gare annonce qu’il ne reste plus que 4 places et une dizaine de personnes se bousculent encore. Mais comme les Boliviens sont les rois des mathématiques, tout le monde obtient son ticket, même nous (le chef de gare a bien tenu sa promesse). Ben oui, il y a 24 places assises, mais il y a le reste. La culpabilité s’envole, nous n’empêcherons personne de rentrer à la maison.

ferrocaril

Le train entre finalement en gare. Heu…le train ? En réalité, notre beau train, un peu rouillé mais vaillant, est un bus dont les roues ont été remplacées pour s’adapter au rail. Nous embarquons et le ferro-carril (c’est ainsi qu’on l’appelle) se lance, cahin-caha, pour sa formidable épopée.

Le train de Sucre à Potosi : je recommande

Les chiens courent, s’égosillent au passage du train. Grimpant dans la montagne, traversant des rivières sur de vieux ponts de fer, s’arrêtant au milieu de nulle part pour laisser descendre ou monter des passagers (mais d’où viennent-ils ?), le ferro-carril est un voyage, certes pas confortable, mais époustouflant. Unique à des kilomètres à la ronde, il défile dans les incroyables paysages boliviens sous ce ciel qui paraît plus grand qu’ailleurs.

Train de Sucre à Potosi

 

A mi-chemin, nous nous arrêtons un peu plus longuement dans un village, pour nous restaurer un peu. Une cuisinière vend des rellenos de papas, des boulettes de pommes de terre fourrées aux légumes et aux poulets. C’est la première fois que nous les goûtons et elles sont en partie responsables de mon attrait pour la cuisine bolivienne (cfr. La cuisine bolivienne, une bonne surprise !).

Mais quelques photos en disent bien plus que des mots alors, avant de vous donner quelques infos pratiques, je vous laisse admirer les paysages.

Comment se rendre à la gare El Tejar ? Tout simplement avec les bus Q ou 4, qui partent du Mercato central et passent au Cementerio general. Ou tous bus indiquant El Tejar sur sa plaquette. La gare n’est qu’à une vingtaine de minutes du centre-ville.
Combien coûte le ferrocaril ? De Sucre à Potosi, le billet revient à 25 Bs (environ 2€50).
Horaires : De Sucre à Potosi, le train part le lundi, le mercredi et le vendredi à 8h00 (arrivée prévue à 14h20). De Potosi à Sucre, le train part à 8h également le mardi, le jeudi, et le samedi.
Voir le site web de la Empresa Ferroviaria Andina (pas d’autres infos que les horaires).

Alors, vous êtes prêts pour tenter l’aventure ?

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