un oiseau survolant la ville - Serena (Chili)

Julie écrit à l’ordinateur de l’auberge de jeunesse. Celle que nous avons finalement trouvée à Lima. Tout était plein, ou trop cher. Difficile de trouver cinq places dans la ville à 19h. La veille, nous avions rencontré trois Colombiens à Paracas  – plus au sud sur la côte péruvienne – ; ils nous avaient offert de revenir avec eux dans leur voiture de location. Finalement, on a trouvé cette auberge où nous avons convaincu la propriétaire de nous laisser poser notre tente sur son toit car il n’y avait qu’une chambre disponible, avec trois lits simples.

Elle était effrayée à l’idée de nous laisser dormir sur le toit : la photo de bannière sur notre page facebook, notre tente face à l’Océan Pacifique, et nos photos de nous en “aventuriers” du froid à Milford Sound ont fini de la rassurer sur notre capacité à nous adapter. Ce n’est pas une terrasse dans une ville à 20 degrés la nuit qui va nous arrêter. Plus tard, la propriétaire nous proposa de dormir dans une chambre avec d’autres personnes. Regard vers Julie, refus de la proposition. Julie était aux anges de dormir sous la tente sur le toit à l’avant veille de notre départ pour l’hiver montréalais.

C’est la fin de notre voyage ; nous avons toujours vu les deux semaines au Québec comme des vacances : aller retrouver le meilleur ami de Julie, installé à Toronto, et revoir mes amis et connaissances côtoyées pendant mon année et demi à Québec, à Montréal et en région.

(Parenthèse : le rêve américain…)

Il nous reste une nuit à Lima, la nuit suivante, nous serons dans l’aéroport pour prendre l’avion vers 1h du matin. Lima – Miami / Miami – Montréal. Miami, c’est ce qui nous stresse le plus : la douane américaine est réputée pour sa gentillesse, sa courtoisie, la rapidité et le laxisme des agents de sécurité (ou pas). Malgré que cela ne soit qu’un transit, on regrette déjà de devoir passer par les Etats-Unis. Retour à une réalité étatsunienne qu’on ne connaît que peu mais qui ne nous laisse pas rêveur.

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Déjà, je ne comprends pas pourquoi on doit payer l’ESTA, une exemption de visa. En gros, on doit payer pour ne pas payer de VISA. Une sorte de taxe d’entrée sur un territoire sur lequel nous n’entrons pas vu que nous sommes en transit mais c’est ça, le rêve américain j’imagine.
lire l’article de swissinfo.ch : “Swiss join in criticism of US entry fee” (en anglais)

(note du 7 mars 2015 : et en effet, mon sac est resté coincé à Miami alors qu’on a fait une escale de 4h… ils avaient p-e peur que le jeu d’échecs contienne de la cocaïne ? Sincèrement…)

Le retour à la réalité

Vous vous préparez
pour le retour à la vie réelle ?
une connaissance, sur facebook

Réserve naturelle de Paracas (Pérou) - un pêcheur entourés d'oiseaux

Réserve naturelle de Paracas (Pérou) – un pêcheur entourés d’oiseaux

A la veille de revenir en Europe, nous sommes bien, tranquilles, reposés. Un peu de stress mais surtout de l’excitation ; Julie m’a confié qu’elle se sentait excitée comme à l’approche d’un nouveau grand voyage.

Cette phrase sur “la vie réelle”, que mon amie m’écrit sur internet, on l’a déjà pas mal lu. Je lui ai expliqué et elle a compris mon point de vue : la réalité dont on nous parle n’existe pas plus ou pas moins que la nôtre. Celle dont on nous parle est souvent celle du métro-boulot-dodo d’une société urbaine exacerbée. Notre année fut bien réelle et la réalité qui nous attend nous est encore grandement inconnue mais nous pouvons choisir la réalité que nous voulons vivre ; nous pouvons tenter d’intégrer et de grandir avec la partie de la société qui nous convient.

(la suite a été écrite après une semaine au Québec, vers le 18 janvier )

Le métro-boulot-dodo-je-tire-la-gueule est une réalité pour une frange de la population citadine. Pendant ce tour du monde, nous avons vu des gens mono-expressifs, silencieux, tristes et fatigués à de très rares reprises. A Singapour, deux rangés de bancs se font face dans les voitures du métro. Les gens sont silencieux, quasiment tous occupés à toucher l’écran tacticle de leur smarphone. Personne ne se parle, personne ne se regarde.

A Montréal, la disposition des bancs des métros est différente mais il n’y a pas beaucoup plus d’interaction. La différence notamment est que tous n’ont pas un smartphone dans les mains : certains lisent, d’autres dorment ou regardent dans le vide, s’enfermant dans leur pensées le temps du voyage. D’autre, bien entendu, utilise leur smartphone ou s’isolent avec de la musique dans les oreilles. Des individualités. Des barrières à la conversation. Ils ne vivent pas. Ils s’isolent entre le point A et le point B d’un moment de leur journée.

Métro Bonnaventure, Montréal

Les grandes villes du monde sont forts semblables entre elles : l’urbanisation et les personnes urbanisées, les comportements sociaux qui diffèrent entre les capitales et métropoles d’une part, les plus petits villes d’autre part ; les campagnes profondes comme un monde à part pour les urbains. Je suis issu d’une capitale et à Montréal, j’ai retrouvé la même chose que dans d’autres métropole : les musiciens qui jouent des grandes chansons du rock dans les métros et lieux publics ; la population locale qui ne prend pas le temps de prendre son temps et de s’arrêter le temps de quelques chansons.

(écrit le 7 mars 2015, un peu plus d’un mois après le retour)

Mon retour à la réalité, je le vois comme la recherche des moments dans lesquels je m’épanouis. La notion de “prendre le temps” ou plutôt “du temps qu’on s’accorde”, je l’ai perdue en foulant le sol de la Grande-Bretagne. Et le rythme que j’avais abandonné depuis un an est revenu aussi vite qu’on remonte sur un vélo, embarquant Julie dans cette rapidité non désirée. Mais ça, c’est une prochaine histoire…

Traversier jusqu'à Toronto, Canada

Traversier jusqu’à Toronto, Canada

  • Et pour information, la photo avec le bateau et les oiseaux n’est pas un trucage… l’une des lentilles d’un objectif s’es déboîtée et cela créé se genre de flou… ça limite le travail mais offre d’autres possibilités 🙂

  • Le retour est un moment très particulier. On arrive du voyage plein d’espoir, on se dit qu’on va vivre différemment et puis on est happé par la vie qui suit son cours, par les choses à faire, par le besoin d’intensité nécessaire à la compensation de ce rythme perdu. Alors assez vite on se dit que tout ça est derrière nous. Mais au final, les choses s’installent petit à petit et les véritables “enseignements”, changements opérés lors du voyage prennent leur place dans notre vie des mois plus tard parfois. Etant partis 6 mois, j’estime qu’il nous a fallut presque un an pour être totalement de retour et regarder avec sérénité tout ce que nous avions vécu. C’est alors que ça a pris toute sa place dans notre vie. Bon courage en tout cas pour la réadaptation mais ne vous inquiétez pas ça va le faire ! 🙂

  • dur le retour

  • J’espère que vous ne ferez donc pas parti de la fameuse vie métro boulot dodo, le plus dur étant sur le long terme au final. Bon retour 🙂
    PS : J’ai adoré Lima, j’y ai vécu 4 mois. Une ville peu appréciée par les touristes, mais le top pour y vivre!

    • Le plus dur, c’est sur le long-terme évidemment. Mais pour l’instant, après 2 mois, ça ne s’annonce pas comme le métro-boulot-dodo 😉 Jeudi, Michel repart à vélo pour tester le nomadisme quelques mois en France et je change d’orientation professionnelle pour enseigner aux adultes.
      Et toi ?

      • Bonjour, je viens de lire que Michel voulait essayer le nomadisme ? Qu’est ce que cela donne en France ? Je voyage depuis 6 mois a velo en Nouvelle Zelande er je compte traverser la France dans le meme delire en velo en Juin/juiillet !
        Un retour d’experience m’interesse ! (Facilite du logement, hebergement chez l’habitant …)

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