Le gîte de France et café du lac de Servières est situé dans la chaîne des Monts Dore, à une trentaine de kilomètres du Puy de Dôme et à 10km du Col de la Croix-Morand. Je vous propose de découvrir avec moi ce gîte d’étape au milieu de la nature d’Auvergne, à proximité de Clermont-Ferrand.

Vue depuis le Puy-de-Dôme en Auvergne © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Vue depuis le Puy-de-Dôme en Auvergne © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

J’avais enclenché les pédales de mon vélo vers 13h de l’après-midi, allant de Clermont-Ferrand au Puy-de-Dôme ; puis m’étant rapidement remis en selle pour atteindre mon lit avant la nuit.

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L’arrivée au gîte ponctua 8km magiques : la bâtisse, seule à l’horizon, le coucher de soleil doux et orangé, qui prenait place doucement mais surement, éclairait la vallée, en gardant quelques rayons pour cette maison en brique grise claire. Sur le côté, de petites fenêtres laissaient deviner l’arrière-cuisine du gîte.

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Virginie, un regard timide qui contraste avec sa bonhomie

Les premiers regards de Virginie, un peu gênés ou timides, contrastent avec un sourire naturel, ni feint, ni exagéré. Elle m’accueille simplement, un vouvoiement propre qui ne crée pourtant pas une distance ; sa voix aux pointes aiguës et son accent sont chaleureux.

Je veux prendre des photos avant de descendre mon vélo : elle m’indique le garage et le nom de ma chambre où elle me propose de me rafraîchir avant de venir à table ; je suis un peu gêné car il est quasiment 21h et même si j’ai appelé vers 17h pour indiquer que je ne serai pas à l’heure (sur le site internet du gite, il est indiqué de prévenir si on n’est pas là à 19h pour le repas en commun), je ne veux pas que les propriétaires aillent se coucher trop tard non plus. Virginie retourne s’occuper d’un jeune couple, un habitant du coin et une chinoise qui contemple le ciel qui rosit ; ils me parleront du choix qu’ils ont pris de s’établir à Paris, comme beaucoup d’autres jeunes des régions, pour une question d’emploi.

Le ciel rougit d'Auvergne dans les Servières © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Le ciel rougit d’Auvergne dans les Servières © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Une douche plus tard, je monte dans la partie principale, composée de deux pièces en enfilade : la première est une véranda où je profite des derniers instants de soleil, où se chevauchent des petites tables dépareillées avec quatre chaises qui, deux à deux, se jouent des coudes. La seconde est une longue pièce qui, de l’extérieur, m’évoquait une pièce aménagée pour les enfants : lumineuse et chargée, où le bois et un mur vert dominent, avec une grande table qui part de la véranda pour indiquer le bar.

La partie centrale du gîte © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

La pièce principale du gîte des servières © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

C’est à ce bar que j’aperçois Bruno…

Bruno, l’homme de la montagne sans chichis

Bruno s’affaire à laver les verres de bière sans un bruit. Il est occupé et ne vient pas à ma rencontre. J’avais vu sur des sites d’avis qu’une personne s’était plainte de son comportement pas très accueillant. Bien que l’office du tourisme d’Auvergne m’avait invité à tester le logement, j’avais hésité à venir suite à la référence sur un de ces sites et je me suis décidé à venir, en voyant cette même référence sur un autre site. Après tout, si j’ai un blog, c’est pour faire mon propre avis et le partager !

En cette fin de journée, la communication non verbale de Bruno contraste avec celle de sa femme : grand homme sec, son visage raconte pas mal d’histoire mais reste assez fermé, sans doute fatigué par la journée physique et les précédentes qu’il a connues avant le commencement de la haute saison qui approche à grand pas (1er mai) . Je lui tends la main et commence la discussion.

Bière artisanale de la région D'auvergne, la Demoiselle l © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Bière artisanale de la région D’auvergne, la Demoiselle l © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Il répond, sobrement, aux questions, donnant des détails. Il ne fuit pas les questions ; ancien paysagiste, professeur d’un sport dont j’ai oublié le nom (une variante du ski ou de la raquette) et accompagnateur de groupe en forêt ou en montagne, il aime être dehors.

Je pense ne m’être pas trompé sur l’homme que je m’étais imaginé avant d’arriver : un montagnard qui n’aime pas faire des révérences inutiles, il aime la nature et l’odeur du sapin (je caricature). Ça le gonfle un peu la clientèle qui cherche un 3 étoiles après une journée de plein air. Il veut offrir un gîte d’étape agréable, il apporte beaucoup de modifications et il en planifie pas mal (un revêtement en bois dans les douches, une terrasse à hauteur des chambres, la réparation du bain norvégien, des transats pour profiter de la vue sur la vallée.

La conversation est “franche du collier” ; j’aime qu’on se parle entre êtres humains et non entre client et hôtelier, qu’il y ait une politesse de respect et de considération sans qu’elle ne soit exagérément lourde. On est dans un gîte, pas dans un hôtel.

Le gite du Lac Servières et ses facilités

C’est un gîte de France en demi-pension (repas du soir et petit-déjeuner), point barre, pas question de commencer à faire trente six formules (avec ou sans plat, etc.), et tant pis s’ils perdent une clientèle potentielle qui ne souhaiteraient que le lit. Le gîte propose des plats et des boissons bio car Bruno travaillait déjà avec des producteurs dans le passé et qu’en Auvergne, il y a énormément de producteurs.

“Et puis, je préfère avoir de bons produits bio qui viennent de la région que d’avoir un camion frigorifié avec des produits dont la provenance m’est inconnue et composés de substances, comme des additifs, qui n’apportent rien de bon pour le corps” Bruno, le propriétaire

Le repas est copieux et bienvenu après une journée en hauteur à rouler à vélo, même si la pente jusqu’au gîte n’était pas des plus difficile. Le vin de table est correct et j’ai reçu le petit verre de la maison : un alcool de verveine qui t’éveille les sens. Il y a aussi possibilité de manger ou de prendre un verre (les prix étaient relativement démocratiques) sans être au gîte. Le petit-déjeuner est de type “continental” : du pain, de la confiture, un bol de bonnes céréales (pas les marques chimiques des supermarchés), du lait de riz (si j’ai bonne mémoire).

Le petit déjeuner au gîte des Servières © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Le petit déjeuner au gîte des Servières, avec de vraies céréales © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

J’étais dans une chambre de 7 lits, dont 6 en superposés ; propre, sobre, peu éclairée mais il y a des lampes à la tête, pour les lits superposés du bas (voir photo). Une douche et une toilette par chambre, propres également. La salle de douche fait un peu camping selon les propriétaires, qui voudraient moderniser la salle de douche prochainement ; ça ne m’a pas choqué plus que cela.

Chambre dortoir du gîte de Servières © Michel Dvorak / Du Monde au Tournant

Il y aussi des jeux de société et des mots croisés.

Le lendemain, je suis allé au lac, mais ça, c’est une autre histoire. En revenant, Bruno m’a regardé mi-étonné, mi-amusé, me lançant un “Vous êtes encore là?” sourire aux lèvres. Et oui, il faut prendre le temps d’apprécier la nature, quitte à arriver au soleil couchant le jour suivant…

Adresse :  Servières Haut, 63210 Orcival
Téléphone : +33 (0)4 73 65 93 63

  • La demi-pension coûte 45 euros par personne (repas du soir et petit déjeuner compris). Il est aussi possible de manger et boire sur place sans y loger.
  • les propriétaires souhaitent être avertis si vous savez que vous arriverez après 19h car le repas est servi à tous à 19h
  • Il y a des couvertures mais il faut prendre un “sac à viande” ou un drap pour mettre entre vous et la couverture
  • pas de WIFI mais possibilité d’utiliser l’ordinateur des propriétaires pour regarder les horaires de train (par exemple).
  • il y a la possibilité de louer des vtt et de demander à Bruno de vous faire une randonnée accompagnée pour en découvrir davantage sur la nature et prendre des sentiers qui ne sont pas empruntés normalement (Bruno est agréé accompagnateur)
  • “Cyclo-touriste friendly” : vous pouvez laisser votre vélo dans le garage
  • le gîte du lac Servières est situé juste en face du lac des Servières, où il n’est en principe pas permis de se baigner mais où nombreux Clermontois viennent l’été.
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