Il y a 4 ans, je vivais à Varese, dans le Nord de l’Italie, pendant la magnifique expérience d’un Service Volontaire Européen. Une partie de moi est restée là-bas (j’imagine que la plupart de ceux qui ont vécu à l’étranger me comprendront) et depuis, j’y retourne régulièrement. Après 1 an de tour du monde, il fallait que j’aille leur raconter tout ça de vive voix. En ce début juin, me voilà donc sur les routes de Lombardie.

Varese_eglise

On ne le croirait pas mais trouver un réseau internet convenable en Italie est presque aussi difficile qu’en Nouvelle-Zélande. Et, entre les retrouvailles avec les amis, les cafés, les bières, les glaces, les aperitivos, les piadines, le vin, les soirées à cuisiner belge, le départ en Toscane,… trouver un moment ET une connexion convenable pour publier un article, c’est un parcours du combattant. Du coup, vous ne m’en voudrez pas si j’ai pioché dans ma machine à remonter le temps un article souvenir de mon tout premier week-end à Varese en 2011. Pourquoi ? Car il vous emmène sur un magnifique site peu connu des touristes étrangers : le Sacro Monte de Varese.

Premier week-end à Varese et curiosités lombardes

Premier jour de week-end, dernier jour de soleil, une excursion est rapidement planifiée ce samedi. Nous passerons l’après-midi, Mercedes (ma colocataire espagnole) et moi, au Sacro Monte di Varese, ancienne voie de pèlerinage encensée par tous les guides touristiques de la région et réputée pour sa vue imprenable. Nous profitons de la matinée pour nous promener à Malnate (le village, voisin de Varese, où j’ai vécu cette année). Il me tarde de personnaliser mon coin de chambre avec quelques photos, aussi, je cherche un photographe. Nous nous souvenons toutes deux en avoir aperçu en arrivant. Mais il est impossible de s’orienter dans ses rues parcourues en voiture. Malnate et Varese, avec leurs sens interdits et leurs venelles, sont de vrais labyrinthes pour les automobilistes. En nous perdant, nous découvrons des curiosités. Comme un distributeur public de lait cru.

Distributeur de lait Malnate

L’ascension du Sacro Monte de Varese

Acheter un ticket dans le bus demande une préparation précise. Pas question d’adresser la parole au chauffeur (pourtant très sympathique), tout passe par une vieille machine qui ne rend pas la monnaie et avale les pièces avec gloutonnerie, sans nous laisser le temps de chercher le compte juste. Déjà 1€35 dépensé, sans avoir encore réussi à obtenir le billet d’1€20. Devant notre incompréhension du fonctionnement de l’appareil, un contrôleur nous engueule. Mais nous laisse nous asseoir avec le sourire d’un ours mal léché débonnaire.

Arrivées à la Prima Cappella, nous entamons la montée. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, le Sacro Monte de Varese est un chemin de pavés polis par le passage des pèlerins et des promeneurs qui le gravissent depuis le XVIIème siècle. D’après la légende, le premier autel, au sommet du mont, a été édifié par Saint Ambroise en 300-quelque chose. Mais la construction des 14 chapelles du sentier remonte à 1604. Chacune d’entre elles abritent des sculptures de terre cuite représentant les « mystères du Rosaire ». Heu…mais c’est quoi un rosaire ? Le rosaire est donc une prière catholique dédiée à la Vierge Marie. La tradition veut qu’on récite 10 Ave Maria, en méditant sur un mystère, soit un épisode de la vie de Jésus et/ou de Marie. A chaque nouvelle chapelle, on recommence. J’attend vos remerciements pour la note culturelle 😉

Sacro Monte de Varese

14 chapelles et soif à la fin. Mais la vue et le village de Santa Maria del Monte en valaient le détour.

Au sommet, Mercedes remarque un beau bâtiment vers lequel nous nous dirigeons. Encore une fois, il s’agit d’un cimetière. Oui oui, maman, papa, je ne déroge pas à la tradition, tous les premiers édifices qui ont attisé ma curiosité ici se sont révélés être des jardins d’os rangés.

Un vieil homme s’approche de nous. « Vous êtes sûrement plus expertes que moi ». Il ne comprend pas pourquoi son appareil photo ne fonctionne plus et je lui explique que la batterie est plate. Ce détail insignifiant a son importance pour la suite de l’histoire.

Nous nous promenons avec délice dans le dédale des ruelles piétonnes trèèèèès étroites de Santa Maria del Monte, à 880m d’altitude. Le funiculaire a fermé ses portes pour l’hiver, nous cherchons donc le « pullman » pour redescendre (oui, parce qu’ici, les bus s’appellent des pullman). Evidemment, il est 16h15 et nous apercevons le bus de 16h12 en contre-bas. Le prochain arrive dans 40min. Mais à cet instant, apparaît au tournant de la route le vieil homme et sa femme qui, aimablement, nous proposent de nous déposer à Varese. Comme le monde est petit, ils nous racontent que leur aînée a participé à la restauration des chapelles.

Sacro Monte de Varese

Il est encore tôt et nous sommes affamées. Ni une, ni deux, direction Zei, la plus ancienne pizzeria de Varese, pour un morceau de ce mets « délicat ». Un morceau car la Margherita entière, à pâte grosse, pèse 2kg. La parfaite soirée italienne se poursuit autour d’une glace (chocolat-banane) et d’un café, à philosopher sur le destin, sur les petits rien qui nous ont amenées en Lombardie et sur la nécessité de nous trouver des amis AVEC VOITURE (le dernier train pour Malnate part à 21h).

Alors, vous en dites quoi de mon petit bout de vie en Italie ? Je vous rassure, on a fini par les trouver les amis avec voiture.

Le Sacro Monte de Varese n’est pas le seul mont sacré d’Italie mais il offre une vue incroyable sur la plaine lombarde et, par temps clair, on voit jusqu’au Apennins. Vous l’avez déjà gravi ?

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