On a adoré le Gers. Ses douces collines verdoyantes aux allures de Toscane, ses vignes, ses villages médiévaux aux ruelles escarpées. Lorsque nous y sommes allés en mars, invités par Atout France pour un reportage sur le Midi-Pyrénées, ces 3 jours sont passés beaucoup trop rapidement. Parce qu’on aurait voulu flâner et se perdre. Parce qu’on aime trop parler avec les habitants. Et parce que les gascons aiment autant parler que nous.

Autant vous dire qu’on était tout le temps en retard, mais tant pis. Parce que oui, ce qui nous a séduit dans le Gers, c’est avant tout l’accueil et la propension des gersois à entamer un brin de causette autour d’un verre d’Armagnac. Vous savez, c’est le genre d’endroits, un peu comme Chaudes-Aigues en Auvergne ou Bendigo en Australie, où il y a une étonnante proportion de gens qui vous disent “Je suis arrivé par hasard pour le week-end et je ne suis jamais reparti”.

Alors, pour changer, j’ai décidé de vous présenter notre week-end en Gascogne en 7 portraits.

Jérôme, le maître de la croustade gasconne

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Ben la croustade gasconne les amis, c’est tout un art. Inconnu et imprévu pour moi. Quand nous arrivons, Jérôme nous a gardé une pâte au frais pour sa démonstration. Deux couples profitent de notre présence pour assister eux aussi à ce spectacle. C’est quasiment de ça qu’il s’agit. Un spectacle. Jérôme étend, étend, étend la pâte. Il ne s’arrête plus. Les limites de la table sont bien fictives et il les dépasse allègrement. Et ça continue encore et encore (c’est que le début, d’accord, d’accord). Ce n’est que lorsque la pâte devient si fine que l’on voit à travers qu’il suspend son geste.

Du pâton initial, il a créé un voile de près de 20m². Il y découpe des disques qu’il empile dans son moule avant de les remplir de pommes macérées dans l’Armagnac.

Jérôme, passionné par sa croustade et, avant tout, par le maintien de cette tradition, travaille avec des produits locaux et propose des démonstrations dans son atelier de Gondrin pour les groupes et les particuliers. Et quand il enfourne sa pâtisserie, c’est avec les yeux qui pétillent.

Le Chef Gérard

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Gérard Tête est connu dans la région pour la conserverie de plats traditionnels gersois qu’il a créée à Valence-sur-Baïse. Puis, il décide avec Michelle, sa femme, de prendre sa retraite et de vendre sa conserverie. Ca y est, ils vont pouvoir se reposer. Ha mais tiens chérie, si, au lieu de prendre ma retraite, j’ouvrais un restaurant ?

Et voilà la Ferme de Flaran. On y remange de la croustade et du canard (difficile d’échapper au canard dans le Gers. Il y en aurait 28 par habitant!!!). Mais Gérard me conquit définitivement lorsqu’il nous invite en cuisine pour la confection des desserts (même si nous n’avons plus faim).

Bernard et son Armagnac

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“En Gascogne, l’Armagnac fait partie de la famille”

Le décor est tout de suite planté par Bernard, maître de chais de la maison Ryst-Dupeyron. Il nous explique son métier, les 1000 nuances de l’armagnac, sa fragilité. Il nous conte les arômes, les générosités et les caprices du breuvage, les millésimes. La façon de tenir son verre pour réchauffer l’armagnac qui prend corps et se développe. Les anecdotes aussi d’une vie passée à trouver les bons mélanges, les bons dosages, tel un alchimiste. Et puis, dans un clin d’œil, il nous sort une petite bouteille de derrière les fagots. “Goûtez-moi celui-là”. Un millésime de 59.

NB : Ne parlez jamais de cognac à un gascon (sous peine de vous faire jeter à la porte avec des coups de pied au cul).

Hélène et Jean, bienvenue aux Bruhasses

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On arrive à l’heure aux Bruhasses (c’est bien le seul endroit où nous avons réussi à ne pas être en retard) et Hélène nous accueille directement dans sa cuisine. Elle en ferait rêver plus d’un cette cuisine : spacieuse, lumineuse, avec un plan de travail qui permet de travailler à plusieurs tout en assurant la convivialité. Au programme, sa recette du foie gras mi-cuit. Et son secret : du gras de canard, local évidemment. Accueillante et chaleureuse. Jean, son mari, est Québécois ; on sent qu’il maîtrise l’accueil professionnel et accueillant. Ils se sont rencontrés aux Etats-Unis lors de leur jeunesse et ne se sont plus quittés. La grande table à manger est chaudement décorée et invite les convives de différentes nationalités et de langues à se joindre pour ce repas en table d’hôte. Ils maîtrisent l’art de la conversation et prennent soin que nous ne manquions de rien. D’ailleurs, Hélène avait téléphoné à Michel un peu plus tôt dans la semaine pour vérifier nos allergies alimentaires. Soignés aux petits oignons.

Un apéritif avec Noël

Noël Lassus, en v’là un autre de bon vivant. Quand il nous reçoit, au château Monluc, c’est encore paré de sa barbe d’hiver. Je l’aime bien moi sa barbe. Elle lui va bien, et puis, ça s’accorde bien dans le décor de ce vieux château médiéval.

Noël poursuit la tradition de son père, et nous sert un petit verre de son apéritif, le Pousse-Rapière, un cocktail maison. Il est préparé à base d’un vin du domaine de méthode champenoise et de liqueur d’armagnac à l’orange. Son nom lui vient de la rapière, cette longue et fine épée, ramenée par le seigneur Blaise de Monluc, et que portait les mousquetaires. Noël en a d’authentiques dans son petit musée et, surtout, nous autorise à les manipuler.

Denise chez les Schtroumpfs

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Denise, c’est un sacré caractère (normal, elle est belge). Elle vous avouera sans complexe qu’elle est folle, et que de toute façon, il fallait être fou pour se lancer dans l’aventure du Bleu de Pastel. Ils se sont lancés, à l’aveuglette, il y a 20 ans, avec son mari Henri, maintenant décédé. Le Pastel, teinture naturelle très intense (c’est de là que vient le bleu des Rois de France) mais très capricieuse, a été totalement abandonné au milieu du 19ème siècle. Depuis, les techniques pour extraire le pigment de la plante ont été oubliées. Il aura fallu des années et des nombreux essais-erreurs à Denise et Henri pour retrouver cette science perdue et délicate. Si le pigment n’est pas extrait de la plante dans la demie-heure après la coupe, il se volatilise à jamais.

Dans son atelier, elle nous montre les effets de la teinture. Le tissu trempé devient vert pomme avant de bleuir au contact de l’air. Le bain des tissus dans le Pastel est presque aussi délicat que l’extraction pour que la teinte soit bien homogène. Dans son atelier, Denise invite aussi les curieux pour des démonstrations et des explications sur ce mystérieux pigment. Pour les enfants, elle a suspendu dans les coins des vêtements de schtroumpfs qui sèchent sur leur pendoir. De temps en temps, elle en voit un se faufiler rapidement après son bain dans les cuves de Pastel. Ils se font tout beau pour aller conquérir la Schtroumpfette.

J’ai failli oublier, Denise et Henri sont bien connus en Belgique. Henri est à l’origine, avec 2 amis, du village du livre de Redu dans les années 80. S’il savait les heures que j’ai passées là-bas dans mon enfance.

Cécile 100% Gascogne

L'alamboutic à Fourcès

Tout comme Michel et moi, Cécile est née en 1986. Elle, elle a décidé de faire voyager les touristes dans sa boutique. A Fourcès, l’un des plus beaux villages de France (leur fameux concours télévisé). Elle tient une petite boutique épurée : fond blanc, décor minimaliste et contemporain.

Cécile est donc une jeune gersoise qui a à coeur de valoriser les produits du terroir de la Gascogne. Les prix sont les mêmes que chez les producteurs et le but est de permettre d’avoir à un seul endroit, les différents produits de la Gascogne. On la sent très impliquée dans la région, on bavarde de tout et de rien. Une belle rencontre d’une jeune amoureuse de sa région.

Vous aussi, allez dans le Gers ou ailleurs en France !

Et bonne nouvelle pour finir, jusqu’au 28 septembre 2015, vous pouvez gagner un voyage en France d’une valeur de 1000€ sur le site de Rendez-vous en France.

Cet article a été réalisé grâce à l’invitation d’Atout France mais toutes les opinions nous sont propres (malgré que ça ait l’air particulièrement dithyrambique mais c’est parce qu’on a adoré la Gascogne).

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