Attention : article avec plein de trains dedans (et oui, on ne dira jamais assez qu’un train peut en cacher un autre)

Train World a ouvert ses portes en septembre 2015 à Bruxelles, et plus précisément à Schaerbeek dans le superbe gare de la commune Art-Nouveau. J’ai complètement craqué pour le dynamisme et l’interactivité de ce musée du train et, en quelques mois, je l’ai déjà visité 2 fois. Autant dire que je vous conseille fortement d’y faire un saut lors d’une visite dans la capitale belge. Grimpez dans le wagon, je vous emmène.

Train-couchette, train-bus, train de 2ème (voire 3ème) classe, j’adore les voyages en train. Mon coeur fait boom quand je vois des rails. Je vous ai d’ailleurs déjà écrit sur nos aventures ferroviaires en Birmanie et le ferro-caril entre Sucre et Potosi en Bolivie, qui reste pour moi des temps forts du tour du monde. Mais je vous rassure, il ne faut pas être féru du chemin de fer pour apprécier Train World.

On est dimanche et pour sortir du train-train quotidien, j’agrippe mon appareil photo (et Snapchat) et je pars pour la gare de Schaerbeek. En effet, c’est là que s’est installé le musée, dans la plus ancienne gare en activité de Bruxelles, construite en 1887 et en 1920. Rien que pour l’architecture “Renaissance flamande” du lieu, ça vaut le coup (les quais sont plutôt de type postmodernisme post-industriel par contre).Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

La gare de Schaerbeek et l’application audio-guide

Je composte mon billet. Ou plutôt, je le scanne. Pensez bien à garder votre ticket près de vous car vous devez le scanner à l’entrée du 2ème bâtiment également (car 2ème hangar il y a). La visite commence par le hall de l’ancienne station et ses guichets en boiseries où sont exposés de vieilles composteuses, des uniformes du siècle passé, des maquettes de locomotives historiques et de gares nouvelles (Anvers et Liège-Guillemins sont régulièrement classées parmi les plus belles gares du monde).

La première fois, avec mes parents, nous flânons dans cette salle pendant 3/4 d’heure. Sans se botter le train, on se promène en écoutant l’audioguide. Ha oui, élément pratique : une application gratuite (disponible en français, néerlandais, allemand et anglais) sert d’audioguide pendant la visite. Le wifi du musée sert d’ailleurs uniquement à ça et vous ne pourrez pas l’utiliser pour envoyer vos snaps ou vos instagram en direct (grrrr).
Si vous n’avez pas de smartphone ou que vous ne voulez pas télécharger l’application, l’audioguide est aussi disponible à la caisse et coûte 2€. Je vous le conseille vivement car le musée en lui-même est parfois avare en explications et l’audioguide donne des anecdotes intéressantes. Comme l’histoire passionnante de la Type 12 Atlantic (mais j’y reviendrai).Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

Le hall aux locomotives

Bref, comme je le disais, nous flânons dans l’ancienne salle puis nous dirigeons tranquillement vers le 2ème hall, construit pour le musée. Re-compostage. Et là, j’en prends plein les mirettes. De salle en salle, les locomotives se succèdent. Plein d’entrain, on grimpe dans les wagons, on ouvre les tiroirs, on fait tchou-tchou dans la cabine des machinistes (oui, j’aime beaucoup cette partie-là), on teste la résistance des rails.

Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

La scénographie est superbe et je comprends par la suite pourquoi. Le musée a été mis en scène avec la collaboration de François Schuiten, un illustrateur de bandes dessinées dont j’apprécie beaucoup les dessins. C’est grâce à lui que j’ai découvert la Pacific 12. Il s’est inspiré de son sauvetage pour écrire “La Douce” que j’avais lue quelques mois plus tôt. Ha ben oui tiens, la Type 12 Atlantic, pendant que j’y suis, parlons-en.

La Pacific 12

Au détour d’un couloir, tout à coup, elle apparaît, rutilante dans sa robe verte. Des Type 12, il y en a eu 6 au total. Géantes à vapeur, elles atteignaient des records de vitesse dans les années 30, poussant jusqu’à 165 km/h. Mais très vite, la concurrence des locomotives électriques et diesel se fait sentir. Dans les années 60, les Type 12 passent à la casse, l’une après l’autre. Sauf la 12.004. Lorsqu’il la voit passer, le patron du dépot ne peut pas se résoudre à l’envoyer au cimetière. Il la dévie et la cache. Comment ? Je ne sais pas. Rien que les roues de la bête mesurent quand même 2 mètres 10.

Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

L’Elephant

Parmi les locomotives mythiques de Train world, on retrouve l’Elephant, qui observe ses passagers depuis sa tourelle de métal. Ce n’est malheureusement qu’une réplique, l’original étant passée par les mains des ferailleurs en 1865.

Arrivées d’Angleterre en 1835, l’Elephant, la Flèche et le Stephenson effectuent le premier trajet en train du continent européen. Le 5 mai 1835. De Malines à Bruxelles, c’est la toute première ligne de chemin de fer du continent et la première ligne à desservir une capitale. Avec 900 passagers, c’est jour de fête.

La maison des cheminots

Au centre du hangar s’élève une maison, une vraie. C’est celle de Pieter Paul Telemans, responsable jusqu’en 1958 du secteur Schaerbeek. Obligé d’être disponible 24h/24, il vivait avec sa famille sur son lieu de travail. Quel train de vie !

L’intérieur de la maison est décoré, comme dans les années 50. Une vieille télévision diffuse les nouvelles de l’époque et par la porte, on aperçoit la cuisine.Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

A gauche de la maison, c’est une histoire bien plus triste qui nous attend. Celle des wagons de déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et à nouveau, ici, on reparle de la Type 12 Atlantic. Le 2 septembre 1944, quelques jours avant la Libération, la locomotive tracte un sinistre convoi, chargé de 1500 prisonniers politiques déportés. Les cheminots, membres de la Résistance, sabotent le trajet et le train ne parcourra que 2 kilomètres en 1 journée.

A travers ces 200 ans d’histoires de trains, ce sont 200 ans d’histoires d’hommes qu’on parcourt. L’histoire sociale avec les wagons d’ouvriers, l’arrivée des congés payés, les cabines des bourgeois, les trains royaux… L’histoire des guerres avec les wagons de déportation ou les trains de la Croix-Rouge. L’histoire des communications et des trains postaux. L’histoire de la technologie, de la machine à vapeur au TGV.Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek

Ha oui, y a aussi un simulateur 😀

Une visite à Train World : informations pratiques

Vous trouverez toutes les informations sur le site internet de Train World.

Tarifs

Adultes : 10€
Moins de 26 ans et plus de 65 ans : 7,50 €
Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans

Il existe également un billet Famille à 30€ pour 2 adultes et 2 à 4 enfants de moins de 18 ans.

Conseil pour les profs belges qui ne mènent pas grand train, le musée est gratuit avec la carte PROF.

L’application Train World qui sert d’audioguide est gratuite mais vous pouvez aussi demander l’audioguide à l’accueil pour 2€.

Accessibilité et heures d’ouverture

Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h. Le site indique une visite d’environ 1h30 mais vous pouvez facilement prévoir 3h. La billeterie ferme à 15h30.

Adresse : Place Princesse Elizabeth, 5 à 1030 Bruxelles

En transport en commun :
– En train, arrêtez-vous à la gare de Schaerbeek. Il existe aussi un billet B-Excursion qui combine le train et l’entrée au musée.
– En tram : Lignes 7 et 93
– En bus : Lignes 58 et 59

Et rien que pour vous, j’ai enregistré les Snapchats que j’ai pris pendant ma visite. Voilà la vidéo.

Pour continuer la lecture sur Train World : Le musée du train est mort, vive Train World ! sur BXL.Blog, une interview de François Schuiten sur le blog d’Eric Platteau : Train World ou un « Opéra Ferroviaire » à Schaerbeek !, le reportage de la RTBF (télévision nationale) lors de l’ouverture : Train World, plus qu’un musée, une expérience qui retrace l’épopée du rail belge

D’autres articles sur BruxellesMIMA, le musée du street art et de l’iconoclasme contemporain à BruxellesBruxelles : (re)découvrir sa ville grâce au geocachingMasse critique : les cyclistes revendiquent les villes

Petite marche jusque la Place Colignon

Comme je suis une boute-en-train, je vous invite, pendant que vous êtes là, à une petite balade d’une quinzaine de minutes jusque la Place Colignon. C’est pour moi l’une des plus belles places de Bruxelles.

Construit à la fin du 19ème siècle, en style néo-Renaissance flamande, l’Hôtel de ville, au centre de la place a inspiré l’architecture des bâtiments l’entourant. Si vous êtes là en semaine, n’hésitez pas à entrer et à parcourir ses magnifiques salles.Bruxelles : visiter Train World, le musée du train à Schaerbeek - Place Colignon

Et puis, pendant que vous y êtes, poussez boire une bière artisanale au Barboteur sur l’avenue Louis Bertrand ou pique-niquer au parc Josaphat.

Bonne balade.

  • Oh justement avec un ami, on se disait la dernière fois qu’on avait pas vu assez de musées à Bruxelles et on ne savait pas lesquels faire, j’ajoute celui-ci à ma liste !

    • Ha ben tu n’as plus qu’à sauter dans un train 😉 Je prépare 2 nouveaux articles à ce sujet, sur les nouveaux musées et sur les musées méconnus.
      Préviens-moi quand tu reviens.

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