Je ne savais pas trop pourquoi j’allais à la conférence du film documentaire “Et je choisis de vivre, je ne savais pas trop ce qu’il allait se dire. J’y allais car j’avais vu que ça parlait du deuil et du besoin de vivre. Cela me parlait et j’avais envie de rencontrer Nans Thomassey, un ami d’un ami.

J’ai perdu ma maman il y a dix mois et je suis dans les problèmes d’héritage avec mon frère : j’essaie de m’envoler et je me sens retenu par une enclume et je me suis dit que ça me ferait peut-être du bien. Je ne savais pas ce qui m’attendait en y allant… mais après avoir assisté à la conférence, il est important que ce film documentaire sorte pour soulager les âmes et aider à se reconstruire !

Je ne vais pas souvent à des conférences mais là, ça me parlait, “Et je choisis de vivre” : j’étais en Bourgogne lorsque j’ai appris le décès de ma maman et la première décision que j’ai prise en arrivant à Bruxelles fut d’accueillir des couchsurfeurs à la maison ; les funérailles étaient à peine finies que j’avais déjà des voyageurs qui remplissaient la maison de rires et sourires, de repas collectifs accompagnés de vins et de bières.

Devrais-je me sentir coupable, était-ce irrespectueux d’accueillir la vie alors que je venais d’être touché par la mort de ma maman qui était mes seules racines profondes pour comprendre d’où je venais ?

Un documentaire sur le tabou du deuil, et de l’urgence de vivre

La conférence était animée par Nans Thomassey de l’émission Nus et culottés, ainsi que par Armelle Six, conférencière qui a perdu son enfant il y a une quinzaine d’années.

Quel était le but ? Faire la promotion d’un film documentaire sur le chemin initiatique d’une mère qui a perdu son enfant en bas âge et qui a choisi d’aller à la rencontre d’autres personnes qui ont perdu leur enfant et qui ont fait le chemin du deuil. Mais la conférence ne s’attardait pas tant que ça sur le film ; ce fut un moment de partage et de réflexion sur le deuil, via des témoignages et des activités, des prises de parole : un atelier qui permet de briser les tabous du deuil, de se rendre compte que nous sommes nombreux à vivre le deuil ou à l’avoir vécu.

Ce que j’ai retenu de la conférence ? La conférence en elle-même est un moment d’intenses émotions : on évoque le deuil, la perte d’un être proche ou d’un changement important dans la vie (d’un rêve qui ne pourra pas être réalisé par exemple suite à un accident). Cela parle des émotions pendant ce processus de deuil, la culpabilité qu’on s’inflige avec des “si” ou d’avoir l’impression qu’avoir des moments de bonheur après la perte n’est pas socialement acceptable.

Cette conférence permet de se reconnecter avec soi-même, d’aborder l’empathie et l’écoute envers les proches qui vivent le deuil, d’utiliser le deuil pour transformer positivement des aspects de notre vie, voire le tracé de notre vie. D’être à l’écoute de l’urgence de vivre.

Ecouter l’autre, sans juger, sans interrompre. S’écouter et se reconnecter avec soi-même

Un moment important de cette conférence est un exercice d’écoute de l’autre. J’étais en binôme avec une inconnue. Pendant trois minutes, elle m’a expliqué ce qui l’avait amené là.

Elle m’a raconté qu’elle avait fait plusieurs fausses couches et cette dernière fois, elle était enceinte de plusieurs mois. Il y a eu des funérailles, la crémation, une cérémonie surréaliste pour une personne qui n’avait pas encore été mais qui avait été désirée. Elle parlait du fait qu’elle avait envie de rire pendant cette cérémonie.

Même si son deuil est très éloigné du mien, une connexion, une complicité s’est créée grâce à trois minutes d’écoute et de pleine présence. “L’exercice” était d’écouter sans commenter : cela permet de développer l’empathie pour la personne qui écoute, et de s’exprimer pour la personne qui raconte. Juste de s’exprimer et de sortir ce qu’on a besoin de dire. Sans interruption, sans être embarqué dans un sens ou un autre par une question qui interrompt le discours.

C’est aussi un extraordinaire exercice pour écouter ce qu’évoque chez nous les mots de l’autre ; essayer de voir ce que cela fait raisonner en nous.

Je soutiens le crowdfunding “Et je choisis de vivre”

Nous avons pu voir un extrait de quelques minutes, un extrait d’une rencontre entre Amande et une dame qui a perdu son enfant et qui aurait eu une cinquantaine d’années.

Ce documentaire est un projet humaniste qui parle de rencontre, d’apprendre à vivre malgré ou de revivre après un deuil, je pense que ce sera un super moyen d’aborder ce sujet que nous vivrons tous une ou plusieurs fois sur terre. Ou comme je le dis quand on me demande comment je vis le deuil de ma maman : “La mort fait partie de la vie”. Alors autant vivre la vie à fond !

Découvrir le projet Et je choisis de vivre
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